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février 2007

27 février 2007

Que les gros salaires lèvent le doigt!

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Voila une loi que j’avais à peine vu passer.

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Loi n°2006-586 du 23 mai 2006

Loi relative au volontariat associatif et à l'engagement éducatif

Article 20

Les associations dont le budget annuel est supérieur à 150 000 Euros et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale dont le montant est supérieur à 50 000 Euros doivent publier chaque année dans le compte financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature.

D’où cette question écrite dont la réponse a été publiée au JO le 02/01/2007 (page : 155)

M. Pascal Terrasse (député PS de l’Ardèche) souhaite attirer l'attention de M. le ministre de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur l'article 20 de la loi n° 2005-586 du 23 mai 2006 relative au volontariat. Cet article dispose que « les associations dont le budget annuel est supérieur à 150 000 euros et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale dont le montant est supérieur à 50 000 euros doivent publier chaque année dans le compte financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature ». Ce seuil de 50 000 euros semble se prêter à diverses interprétations. Certaines associations se demandent si ce seuil doit s'apprécier par année civile et s'il est calculé en faisant la somme de toutes les subventions de l'État et des collectivités territoriales versées à une seule et même association. Si le calcul ne porte que sur les subventions de l'État pour une seule association, il semble nécessaire de préciser si l'on cumule les subventions versées par un même et seul ordonnateur ou toutes les subventions de l'État, quel qu'en soit l'ordonnateur. De la même manière, s'agissant des collectivités territoriales, il faut préciser si le seuil se calcule en faisant la somme des subventions versées par toutes collectivités territoriales ou en cumulant les subventions d'une même et seule collectivité. En conséquence, il lui demande de bien vouloir apporter des précisions concernant ces différentes interrogations.

La réponse est claire

L'honorable parlementaire appelle l'attention sur les conditions d'application de l'article 20 de la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006 relative au volontariat associatif et à l'engagement éducatif. Selon cet article « les associations dont le budget annuel est supérieur à 150 000 euros et recevant une ou plusieurs subventions de l'État ou d'une collectivité territoriale dont le montant est supérieur à 50 000 euros doivent publier chaque année dans le compte financier les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature ». L'objectif du législateur, pour reprendre l'exposé des motifs de l'amendement parlementaire à l'origine de cette disposition, est de renforcer « la transparence de la gestion des fonds publics ». Une disposition analogue oblige, d'ores et déjà, les associations qui décident de verser une rémunération à leurs dirigeants, dans les conditions prévues au d du 1° du 7 de l'article 261 du code général des impôts, d'inscrire le montant des rémunérations versées à chacun des dirigeants concernés « dans une annexe aux comptes de l'organisme ». L'article 20 de la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006 concerne exclusivement, d'une part, l'État et les collectivités territoriales et d'autre part, les associations du régime de la loi du 1er juillet 1901 ou celles (dont le siège se trouve en Alsace et Moselle) qui relèvent du code civil local, qui remplissent un double critère fondé d'une part sur le montant de leur budget annuel et d'autre part sur le montant de la ou des subventions versées. Ces subventions s'entendent comme des contributions financières directes sous forme monétaire de personnes publiques à des opérations justifiées par l'intérêt général, mais qui sont initiées et menées par des tiers. Ce texte n'a pas pour objet d'opérer une distinction fondée sur l'origine de la ou des subventions versées, qu'il s'agisse de l'État ou d'une autre collectivité publique. Si l'on considère, comme l'a fait le législateur, que le respect de l'exigence de transparence des fonds publics justifie que soit donnée une publicité aux rémunérations des dirigeants d'association, il serait peu cohérent, et surtout source de rupture d'égalité devant la loi, de considérer que l'obligation serait fonction de la qualité ou de la nature de la personne publique ayant versé la subvention, alors que, quelle que soit la collectivité à l'origine de la subvention, ces subventions ont le même caractère. Le critère tiré de la nature de la personne publique à l'origine de la subvention est en réalité sans pertinence au regard de l'objectif recherché. Concernant le calcul du montant de la ou des subventions, une lecture attentive du texte de l'article 20 précité doit conduire à écarter d'emblée une interprétation selon laquelle l'appréciation de ce seuil pourrait s'effectuer subvention par subvention. Ainsi, pour l'application de ce texte, il convient de considérer qu'une association doit publier, dans une annexe de ses comptes, « les rémunérations des trois plus hauts cadres dirigeants bénévoles et salariés ainsi que leurs avantages en nature », dès lors qu'elle dispose d'un budget annuel supérieur à 150 000 euros et bénéficie, de la part d'une ou plusieurs collectivités publiques, d'une subvention ou de plusieurs subventions dont le montant cumulé est supérieur à 50 000 euros. S'agissant, enfin, de la détermination de l'année de référence visée à l'article 20 de la loi précitée, il convient de prendre en compte l'exercice au cours duquel le versement de la ou des subventions a été effectué.

Quant on sait que nombre de structures et institutions du spectacle vivant (ou autre, d’ailleurs) qui bénéficient de subventions publiques supérieures à 50 000 euros sont des associations loi de 1901, donc relevant de cette loi récente, on est en droit de se demander si ça va turbuler dans la transparence ? On prend les paris ?

***

D’ailleurs, au même moment, le blog L’Etat, le droit (et moi)… de Cacambo, (voir colonne de gauche Liens à ne pas manquer) nous livre une lecture au vitriol d’une littérature grise que presque personne ne lit.

Je rompts mon silence actuel pour vous faire partager un grand moment de bonheur ce matin (on a les bonheurs que l'on peut) : la lecture (presque) attentive du rapport annuel (pour 2006) de la cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), que chacun peut consulter ici.

Sans entrer dans le détail (je vous renvoie aux articles L311-1 et suivants du code des juridictions financières), on rappellera en tant que de besoin que cette juridiction financière, distincte de la cour des comptes, est une juridiction dont la fonction est de sanctionner les atteintes aux règles budgétaires et financières commises (essentiellement) par les ordonnateurs (c'est-à-dire ceux qui donnent les instructions d'engagement des dépenses). Cette juridiction est placée sous la présidence du Premier Président de la Cour des Comptes le procureur général près ladite cour en assure le ministère public) et est composée à parité de magistrats de la Cour et du Conseil d'Etat. Cette juridiction peut prononcer des sanctions pécuniaires d'un montant variable, plafonnées en fonction du traitement ou du salaire de la personne sanctionnée (1 ou 2 fois le traitement annuel selon les cas). Bien qu'ayant ainsi une vocation répressive ("disciplinaire" au sens strict), il s'agit bien d'une juridiction relevant de l'ordre administratif et qui statue sous contrôle (en cassation) du conseil d'Etat, sans préjudice d'éventuelles (autres) sanctions pénales.

En gros, la cour de dsicipline prend son  temps et ses décisions sont mesurées. On peut donc rassurer ceux qui s’inquiéteraient pour les ordonnateurs de la dépense publique (au rang desquels il faut compter les directeurs d’EPCC) et du risque réel de subir les foudres de la cour de discipline budgétaire de la République.

La conclusion impitoyable de Cacambo justifie par l’absurde que si la haute fonction publique se refuse à faire la discipline dans ses rangs, il ne faut s’étonner que certains se retrouvent au pénal.

***

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24 février 2007

Les experts et les autres

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Il y a quelques jours, j’avais signalé la présence dans un même numéro du Monde de deux points de vue opposés de deux sociologues sur la place respective des experts et des « gens » dans le débat public.

Peuple « d’en bas » contre intellos d’en haut

Tordre le cou aux contre vérité

Sur son blog, Le pieton de Berlin (voir colonne de gauche), Jean-Louis Fabiani signale un autre blog qui revient sur la question : Prises de parti journalistiques, le blog de Cyril Lemieux,

A quoi bon ce blog ?

Je suis sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales. J’ai notamment travaillé sur les médias et le journalisme (cf. en particulier mon livre Mauvaise presse).

Dans ce blog, je voudrais rapprocher, tout en ne les confondant pas, les analyses qu’il m’a été donné de mener au sujet du travail journalistique tel qu’il s’exerce aujourd’hui en France et à l’étranger, et une réflexion sur ce qu’il est possible de faire pour tenter d’améliorer dans notre pays le respect que doivent les journalistes à leur morale professionnelle.

Le traitement médiatique de la campagne présidentielle est une occasion propice à cet exercice.

Sa note du  21 février 2007 pose assez clairement les termes du débat.

Les concierges à l’assaut du journalisme ?

“Des questions de concierge !”. Ainsi s’exprimait hier le client d’un petit restaurant du troisième arrondissement de Paris, où Libération a pris le pouls des réactions suscitées par l’émission diffusée la veille sur TF1, “J’ai une question à vous poser”, qui a réuni autour de Segolène Royal 8,9 millions de télespectateurs.

Le problème est sérieux: vaut-il mieux, pour la qualité des débats politiques à la télévision et à la radio, que les questions posées aux candidats émanent de concierges ou bien de journalistes professionnels ?

Dans leur ouvrage intitulé Agir dans un monde incertain , les sociologues Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe ont conceptualisé l’opposition entre ce qu’ils appellent la “démocratie délégative” et la “démocratie dialogique“. La première repose sur un principe de confiance: les “profanes” délèguent aux “experts” et aux “personnes autorisées” le soin de prendre en leur nom les décisions qu’il faut. La seconde repose sur le principe d’une recherche active de compromis: les décisions y résultent de l’intégration, à travers une confrontation parfois vive, du point de vue et des attentes de tous ceux qui s’estiment impliqués dans le problème traité, les “profanes” pas moins que les experts. Dans cette perspective, les concierges seront reconnues posséder un savoir et des expériences tout aussi intéressants à prendre en considération (mais ni plus, ni moins) que ceux des journalistes et des hommes politiques.

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22 février 2007

EPCC sous réserves

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BD

Inquiétudes chez les salariés du CNBDI

Le comité d’entreprise du Centre national de la bande dessinée et de l’image (CNBDI) a saisi l’occasion du festival pour alerter les professionnels et le public sur sa situation.

« Depuis maintenant plus de dix ans, alors que les coûts de fonctionnement ont logiquement augmenté, que sa collection s’accroît sans cesse, les subventions accordées par les tutelles (ville, département, région, État) n’ont pas bougé, les effectifs n’ont pas cessé de diminuer, et les conditions de travail de se dégrader (salaires bloqués, personnel non remplacé, activités réduites par manque de moyens). »

Le CNBDI a été créé en 1990 pour assurer dans le domaine de la bande dessinée des missions de conservation, de lecture publique, de diffusion, d’animation, de formation professionnelle, de réflexion, d’information, d’accompagnement de projets et d’expertise... Il constitue désormais un service public ressource reconnu.

Le CNBDI et la Maison des auteurs doivent prochainement fusionner dans une structure juridique nouvelle, un établissement public à vocation culturelle, industrielle et commerciale (EPCC). Cette décision accroît encore les craintes des salariés : « Le défaut de politique concertée autour de la bande dessinée à Angoulême, l’absence de dialogue et de communication, la totale indigence du propos culturel tenu sur les perspectives de développement du futur EPCC, l’impression de décisions prises au nom d’impératifs financiers. » Redoutant que cette transformation ne masque « le désengagement » des pouvoirs publics dans leur diversité, le comité d’entreprise « estime actuellement impossible, avec les moyens qui lui sont alloués, d’assurer correctement ses missions à la fois locales, nationales et internationales ».

Un appel à débattre est ainsi lancé aux festivaliers.

P. Dh.

L’Humanité 25 janvier 2007

BRETAGNE

Avis favorable sur le volet Culture du projet de budget 2007

Rappel des propositions du Président du Conseil Régional

Après avoir rappelé les grands axes de la mission VII, à savoir Pour une politique culturelle et sportive au service de tous , le Président du Conseil régional propose les attributions qui seraient affectées en autorisation de programmes (AP), en autorisation d'engagement (AE), en crédit de paiement d'investissement (CPI) ou crédit de paiement de fonctionnement (CPF). Les programmes suivants sont concernés :

711 : accompagner et structurer les équipes artistiques, développer les industries culturelles régionales 741 : développer l'image et soutenir l'activité audiovisuelle 721 : promouvoir la langue bretonne et l'expression gallèse 731 : valoriser le patrimoine culturel, artistique et architecturel

Observations

Les informations fournies, conformément aux observations présentées antérieurement par notre assemblée, sont plus souvent assorties de détails et d'explications que précédemment et, partant, beaucoup plus lisibles.

On retrouve globalement le soutien légitime au monde professionnel (théâtre, cinéma, chaine du livre…), les pratiquants amateurs étant principalement concernés au titre des ensembles traditionnels musicaux et chorégraphiques. Il conviendrait de ne pas oublier d'autres aspects comme les pratiques liées à l'expression plastique ou artisanale, par exemple.

Les salons et festivals ne sont pas oubliés mais l'articulation entre culture et territoires doit veiller à encourager une véritable synergie et non à reproduire un schéma uniquement descendant comme cela est souvent envisagé depuis Paris : les termes de circulation et de réseau ((PP VII.9-10- y gagneront d'autant en précision, en vitalité et participeront de la vie démocratique et d'un sentiment ouvert, inclusif d'appartenance. Par ailleurs, la Commission constate qu'aucune disposition n'est proposé au sein des programmes budgétaires en faveur de l'expérimentation d'un Pass culture .

On notera la nécessité d'une réflexion concernant les structures issues de la Charte culturelle de 1977 mais on rappellera, avec les réserves de notre assemblée, que l'EPCC ne peut être la solution unique pour encourager ce que le CESR a qualifié dans l'un de ses rapports de Dynamique culturelle bretonne , intitulé dont chaque mot fait sens.

Les actions en faveur de la langue, dans la suite du plan de politique linguistique adopté par l'unanimité du Conseil Régional, sont réelles et donnent des résultats incontestés. Concernant les médias, beaucoup reste cependant à faire pour que l'ensemble du territoire bénéficie de cette politique.

A propos du Programme 731 Valoriser le, Patrimoine culturel, artistique et architectural et en particulier du Patrimoine Bâti, la Commission tient à manifester une nouvelle fois son regret face au retard pris dans la définition de la nouvelle politique de la Région en la matière. Elle rappelle, comme l'a montré son étude Pour une politique régionale du patrimoine bâti en Bretagne , présentée en session plénière en 2005, que le Patrimoine Bâti est une varie filière économique créatrice d'emploi et un facteur essentiel de l'attractivité touristique de la Bretagne. Dans ce domaine, il est en effet urgent d'avoir une politique régionale claire.

Enfin une réflexion sur l'habitat - sa qualité, sa cohérence, son aspect à la fois esthétique et durable pour reprendre un terme à la mode - semble de plus en plus urgente du fait de l'accroissement démographique.

Avis de la Commission

Avis favorable

Agence Bretagne Presse 30 janvier 2007

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21 février 2007

La chose artistique (7)

L’objet de ces notes est d’éclairer la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. Et de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion. Comme un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin, je m’oblige à porter une attention oblique et distraite au monde et au quotidien.

Résumé des chapitres précédents

La chose artistique (1)

La chose artistique (2)

La chose artistique (3)

La chose artistique (4)

La chose artistique (5)

La chose artistique (6)

Trouvé sur le blog Betapolitique

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Les cultureux

Pierre Bastogne

Théâtre de la Commune, Aubervilliers, 12 février 2007

Ce qui est fatigant avec les cultureux, c’est qu’ils pensent que parler de culture c’est parler d’eux : les professionnels de la profession. Leur raisonnement, quand il est caricatural, devient tautologique : il faut défendre et protéger les cultureux au nom de la diversité culturelle… des cultureux. Puis il y a les artistes. Les artistes ne sont pas nécessairement des cultureux. Mais il y a des artistes cultureux. Ce ne sont pas nécessairement de mauvais artistes. Ce ne sont pas nécessairement non plus de bons artistes. Ce sont dans tous les cas des artistes légitimes, légitimés par la bureaucratie culturelle.

Le cultureux est le plus souvent un bureaucrate culturel, dans un bureau ou sur la scène ou dans un théâtre, une association, une maison de production. Le cultureux, outre ses tâches parfois utiles de bureaucratie culturelle, a pour principale mission de contrôler. Il contrôle que les activités de la Nation sont bien conformes au dogme cultureux.

Quand on n’est pas d’accord avec le cultureux bureaucrate, il se fâche, hausse le ton et en appelle aux ancêtres : Malraux, Vilar, Vitez. Ce recours aux ancêtres prend alors un faux air de malédiction. Le contradicteur, qui n’est d’ailleurs parfois que potentiel, est renvoyé aux affres du vulgaire et de l’avilissement du peuple. On manie la menace, on s’adresse à ceux qui voudraient abandonner le culte, ils sont excommuniés. Ça ne dérange pas grand monde. Ceux qui voudraient abandonner le culte sont rarement dans la salle ou s’exprime le bureaucrate cultureux.

Et pendant ce temps il y avait la banlieue grise de la chanson de Piaf citée par une artiste, et pendant ce temps il y avait la ville et puis le monde et tout cela changeait, vivait, espérait, chaque jour plus indifférent aux activités de ce qui avait été un temps porteur de changement, de vie, d’espoir. Pendant ce temps… ailleurs, la vie, le présent, l’avenir.

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20 février 2007

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes

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La journée a commencé par quelques coups de fil de désistement, venant d'artistes soutenant habituellement le PS. Annoncés au programme de la "journée de dialogue avec le monde de la culture" organisée par l'UDF au Sénat, samedi 17 février, l'écrivain Jorge Semprun et le comédien Pierre Arditi, entre autres, se sont excusés. "Certains nous ont dit qu'ils n'avaient pu résister à d'amicales pressions", a ironisé François Bayrou, tout vêtu de noir.

Ainsi commence l'article de Clarisse Fabre intitulé Opération séduction en direction des artistes qui se termine ainsi :

"Je ne suis pas encore prêt à voter Bayrou...", a réagi un responsable de la culture, déçu. Jean-Marc Adolphe, rédacteur en chef de Mouvement, revue dédiée aux arts vivants, s'y apprête. "J'ai décidé de voter Bayrou, pas UDF. Ma famille est communiste. Et je reste profondément de gauche", a-t-il indiqué, après avoir donné ses coordonnées au candidat.

Deux informations importantes sur la chose artistique :

a) lorsqu'il cherche à séduire le monde culturel, l'homme qui parle à l'oreille des chevaux en béarnais s'habille en noir

b) la famille de Jean-Marc Adolphe est communiste et il reste profondément de gauche.

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Loizorare était aussi au Sénat samedi dernier et il témoigne.

Du coup il s'est fendu d'une lettre ouverte à Ségolène et François où l'on peut lire ceci :

Enfin, je vous aurais mis en garde contre la tentation de croire que l’éducation artistique et culturelle, pour laquelle je milite activement, serait une panacée. Je vous aurais rappelé que les plus grands dignitaires nazis avaient tous reçu une excellente éducation artistique et que bien des barbares de ce monde se délectent parfois de musique ou de peinture

Lire la lettre...

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17 février 2007

Derniers jours de l'année du chien

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Dessin trouvé sur le blog d'Antoine.

Je n'étais pas à la rencontre organisée au Sénat par François Bayrou avec "les acteurs du monde culturel" (sic).

Par contre, je suis allé au ciné voir La vie des autres, un film allemand qui raconte l'histoire d'un auteur de théâtre et de sa compagne, une actrice, espionnés par la STASI dans l'ex-RDA. Soit, la chose artistique dans un régime totalitaire. C'est rare que je fasse ça mais je conseille.

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Dans le grand quotidien du soir un entretien avec Emmanuel Wallon

16 février 2007

La chose artistique (6)

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Résumé des chapitres précédents.

L’objet de ces notes est d’éclairer la place faite à l’artistique (et aux artistes) dans les discours et les pratiques sociales contemporaines en s’intéressant aux choses concrètes, simples et banales que produit l’habitus des acteurs du monde culturel. Et de décrire la chose artistique en la libérant de l’aura exorbitante qui l’entoure surtout auprès de tous ceux qui vivent dans son intense clarté (politiques, fonctionnaires, directeurs d’institutions, journalistes, etc.). Avec le souci d’être profondément superficiel, d’interroger la surface des choses de telle sorte que la question rebondisse sur le questionnement lui-même et produise une altération de la réflexion. Comme un roman est un miroir qu’on promène le long d’un chemin, je m’oblige à porter une attention oblique et distraite au monde et au quotidien.

Transition super fastoche (la honte !) : il ne s’agit aujourd’hui de rien de plus que de lire le grand quotidien du soir dans son édition datée du vendredi 16 février.

Chapitre 6.

Comme tout les jeudis, il y a un supplément Le Monde des livres et en page 2 de ce supplément une lettre de Danièle Sallenave écrivain et membre du jury Femina.

Elle n’est pas contente parce que dans un débat, elle s’est fait traiter de « réactionnaire » et que Le Monde s’en est fait l’écho. Elle tient à s’expliquer.

Qu’avais-je dit en préambule ? (…) Qu’il me paraissait hasardeux et peut-être inutile de débattre du roman sans questionner la dérive qui a fait sombrer « l’art » dans « la culture » et « la culture » dans « l’animation culturelle ». (..) j’évoquais la difficulté où se trouve chacun (et pas seulement l’ « écrivain ») à conserver l’ombre d’une singularité, et l’espace nécessaire à une pensée libre, lorsqu’on est à toute heure soumis au bavardage généralisé de la société de divertissement, qui gave, menace, punit, récompense et console dans une même sollicitude étouffante de « mère mortifère », et qu’on se voit livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

Page 27 du même Le Monde, dans la rubrique Culture un article de Fabienne Darge, consacré au spectacle « Cap au pire » qui se donne au Théâtre de l’Atelier commence ainsi :

Depuis plusieurs années, Sami Frey poursuit une oeuvre un peu particulière : celle d’un lecteur d’exception. Tout amoureux de la littérature, dans le secret de sa chambre, compose une œuvre intime et étrange –car, oui, la lecture est un art- qui se rapproche à bien des titres de celle du comédien.

© Le Monde.fr

La page d’avant, page 26, sous le titre “Candidats,  exprimez vous! ” est ainsi surtitrée :

Pétition, débats, appels. Le monde de l’art s’inquiète du silence des politiques avant l’élection présidentielle.

Vérifiez en cliquant ci-dessous qui appartient et qui n'appartient pas au monde de l’art.

Candidats, exprimez-vous !
LE MONDE | 15.02.07
***

A la fin de l’article principal de ce dossier, on nous explique que le nouveau président du Syndeac observe une souffrance chez les artistes.

Si j’ai bien lu ce dossier, les citoyens n'ont pas l'air de faire partie du monde de l’art contrairement aux amoureux de littérature qui ressemblent à Sami Frey. Et je ne parviens pas à comprendre s’ils souffrent de la même souffrance que celle analysée par Madame Sallenave, d’être livré au règne et à la domination de ses pulsions dans un devenir où toute sublimation devient impossible, qu’elle soit artistique ou politique.

Sur la différence ou non entre les citoyens ordinaires et moins ordinaires et dans les pages Débats, pages 19 et 20 du même numéro, M. Eric Debarieux, sociologue à l’Université de Bordeaux II et M. Yves Sintomer, professeur de sociologie à l’Université de Paris VIII ne sont pas d’accord, mais alors  pas du tout.

Pour le premier (Peuple « d’en bas » contre intellos d’en haut) : l’éviction des chercheurs des débats électoraux est stupide et humiliante. Pour le seconrd (Tordre le cou aux contrevérités) : Non, la « démocratie participative » n’est pas qu’un slogan électoral. L’histoire de cette notion remonte aux années 1960., 

Qui a raison ?  Qui a gagné?

Paris 8 ;  Bordeaux 2,  y a pas photo même si l’arbitre a sifflé un penalty litigieux. Non ?

Arcadi_77_27
©

13 février 2007

Une pétition

Pompougnac_4608 referencement google

Je rencontre encore des gens qui se plaignent que les questions culturelles soient le parent pauvre de la campagne électorale.

Ce serait quoi au juste un prise en compte de la culture dans la campagne ? Toujours plus de la même chose ? La perpétuation de la crise et des contradictions masquées par un consensus de façade ?

Ou bien un nouveau souffle iconoclaste et radical ?

De nouvelles approches commencent à se faire entendre, me semble-t-il (à condition de tendre un peu l’oreille) : je m’en suis fait l’écho ici même.

Note du 12 janvier

Note du 30janvier

Note du 31 janvier

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La nouvelle du jour est une nouvelle pétition. La forme est certes classique mais le contenu passablement décoiffant.

Elle est apparue hier sur le blog de Laurent Grandguillaume.

Le blog de qui ?

Laurent Grandguillaume est secrétaire de la section de Dijon du Parti socialiste et membre de sa commission nationale.

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Extrait de Pour une nouvelle politique culturelle : je signe !

Nous devons en finir avec le «logiciel des années 80’». Cette façon de procéder secteur par secteur (lobbies par lobbies), sur la défensive, a pour effet d’empêcher la co-construction d’une nouvelle politique culturelle en phase avec les mutations en cours qu’elles soient d’ordre, sociales, économiques ou technologiques et urbaines.

Et encore :

On dit beaucoup que nous arrivons au bout d’un système, celui issu des pionniers de la décentralisation dramatique, de Malraux et de Lang. Une grande part des objectifs de la démocratisation ne pourront jamais être atteints. Les publics culturels sont toujours les mêmes. Si cette fracture n’a pu être réduite par cinquante ans de politiques culturelles, il convient de les transformer radicalement. Il est indispensable de repenser les modalités d’action et la nature des moyens mis en œuvre.

Et surtout :

Il est nécessaire de proposer de nouveaux modèles d’accompagnement des initiatives, de l’amateur au professionnel pour la création et la diffusion, qui permettent une co-construction entre les acteurs culturels et les pouvoirs publics de nouvelles politiques. Il ne suffit pas de faire appel au droit commun pour soutenir les initiatives de démocratie culturelle, mais de le revisiter.

Lire le texte complet de la pétition.

Arcadi_77_26 

10 février 2007

La chose artistique (5)

Lors d’un certain nombre de débats ou rencontres auxquels j’ai participé ces derniers temps, j’ai entendu à plusieurs reprises des voix s’élever pour qu’on cesse d’entretenir la confusion entre l’artistique et le culturel.

Je crois comprendre à peu près l’inquiétude qu’elles manifestent devant les problématisations approximatives qui marquent aujourd’hui le débat sur les politiques culturelles et le soutien à la création.

N’empêche, je reste très perplexe. Je ne suis pas sûr que cette tension entre art et culture puisse ou doive être dépassée. Ou pour le dire autrement, je crois que je n’aimerais pas vivre dans une démocratie ou quelqu’un (qu’il soit universitaire, critique d’art, philosophe, ministre ou fonctionnaire) pourrait s’arroger le droit d’imposer une distinction entre artistique et culturel.

Cette tension et l’incertitude qui en découle ont partie liée avec la question de la démocratie (ni mécénat monarchiste, colbertiste ou jacobin, ni réalisme socialiste).

Mais c’est d’abord pour des raisons sémantiques et historiques que le désir de protéger la pureté de l’artistique contre la contagion du culturel relève plus de la nostalgie que du projet.

Rey Alain Rey, lexicologue distingué conclut ainsi l’entrée Artiste de son Dictionnaire culture en langue française :

Ainsi, à partir des notions d’ « artisan supérieur » ou de « créateur esthétique » (milieu du XVIIIè siècle à 1810-1820), jusqu’à la puissance quasi-emblématique du mot à l’époque romantique, de celle-ci aux modulations de la modernité créatrice (en France, Baudelaire,  ensuite Huysmans ou Villiers de l’Isle-Adam), puis aux révolutions esthétiques et conceptuelles du XXè siècle, le signe artiste –avec ses équivalents en d’autres langues- a résisté  mais a perdu une part de ses prestiges. Toutefois, les pouvoirs d’un mot sont fondés sur les habitudes et les fantasmes qui se nourrissent d’ambiguïtés. Aujourd’hui que des créateurs proclament que l’art est partout, que le moindre déchet urbain est un objet de l’art, quand les philosophes voient (après Valéry) l’art dans le savoir, lorsque savoir et argent envahissent l’art, où est l’« artiste » ?

Les réponses sont nombreuses, contradictoires, toutes contestables. Les suggestions les plus justes sont peut-être celles qui viennent des artistes eux-m^mes, tel ce projet de l’architecte Robert Filliou pour les toilettes du musée d’Etat de Müchengladbach (1969), qui réjouira sans doute les lacaniens par les trois portes déplaçant la barre du signifiant » : men, women, artists.

Arcadi_77_30

02 février 2007

Vu à la télé...

referencement google Vu à la télé... un directeur d'EPCC.

Après avoir éteint toutes les lumières de 19h55 à 20 heures, j'ai allumé la télé et zappé sur la TNT...

Sur LCP, je tombe sur Christiane Taubira qui parlait à une salle remplie de jeunes très enthousiastes. C'était marqué en haut de l'écran "Grenoble, en direct".

Damned, ils n'avaient pas prévenu.. le chaîne parlementaire diffusait en temps réel le débat participatif (le dernier?).

Des jeunes témoignaient et la candidate, qu'ils appelaient par son prénom, au premier rang, prenait des notes.

Et le monsieur Loyal qui passsait les micros balladeurs aux intrevenants successifs n'était pas un journaliste même s'il portait un truc à l'oreille comme Jean Luc Delarue.
Non c'était un directeur d'EPCC.

Au Cirque d'Hiver ça sera Dominique Besnehard.

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01 février 2007

Il suffit de tendre l'oreille...

Jeanclaude_pompougnac_50

Découvert hier, grâce à la vigilance de loizorare, le site Culture 2007.org.

Si vous cliquez sur ce lien Culture 2007.org, la page d’accueil s’ouvre sur un édito de Sophie Deschamps, présidente de la SACD et une video représentant Jean-Claude Carrière, en col roulé mauve devant une bibliothèque vitrée et qui caresse un chat noir en répondant aux questions d’une voix off féminine qui l’interroge sur l’importance de la culture (« la culture pour beaucoup n’est qu’une boucle d’oreille, pour nous c’est une oreille »).

Il y a une fiche par candidat avec sa photo et un renvoi à ce qu’on connaît aujourd’hui de son programme en matière culturelle. Certaines sont encore vides, d’autres hors sujet.

Qui a dit ? :

Malraux insistait à juste titre sur la nécessité d’ouvrir la culture, sous toutes ses formes, au plus grand nombre. C’est un moyen de comprendre le monde et de le remettre en question. Car la culture est, à la fois, transmission et rupture. Transmission des savoirs composant notre patrimoine littéraire et artistique, souvent qualifié, pour faire simple, de « classique ». Mais aussi rupture des conventions, saut dans l’inconnu, provocation excitant la curiosité et le désir. Héritage et mouvement, on a besoin de l’un et de l’autre, alternativement

Découvert hier aussi une nouvelle initiative prise pour qu'on parle de la culture dans les campagnes :

2007 : DU COURAGE ET DE L’AUDACE POUR LA CULTURE :

Les mutations à l’œuvre dans les politiques publiques en faveur de l’art et de la culture interrogent les pouvoirs publics depuis longtemps déjà. En témoigne la commission RIGAUD de 1996 qui avait pour objet la refondation des politiques culturelles Dans les dernières années, au regard du développement des interventions des collectivités - et notamment, dans la dernière période, celle des régions - le besoin d’une redéfinition des responsabilités de l’Etat s’est fait jour. Il apparaît pour la FNCC que les échéances électorales de 2007, d’autant qu’elles seront suivies d’élections locales en 2008, constituent un moment favorable pour accélérer la prise en compte de ce chantier. Nous souhaitons apporter des éléments de réflexion et de proposition aux élus et à leurs services, aux artistes et aux acteurs culturels dans leur diversité. Plus généralement, nous voulons attirer l’attention de nos concitoyens sur des questions et des enjeux qui traversent les politiques publiques en faveur de l’art et de la culture, secteur d’activité essentiel au lien social, au vivre ensemble, à la construction de chaque personnalité, à la capacité de chacun à se reconnaître pour aller vers l’autre.

Le site de la FNCC

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