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mars 2008

30 mars 2008

Du grain à moudre...

Jeanclaude_pompougnac_30_03_2

Dans une actualité publiée la semaine passée, François Deschamps signalait la publication aux éditions de l'Attribut des contributions au cycle de conférences tenu en 2007 à Nantes, à l'initiative du Conseil général de la Loire Atlantique, sous le titre Culture & Société - Un lien à recomposer sous la direction de Jean-Pierre Saez.

Lire le sommaire.

Sur le site d'Artishoc, on peut lire en ligne la contribution d'Olivier Donnat à ce cycle de conférences intitulée : Démocratisation de la culture : fin...et suite ?

On pourra rapprocher sa réflexion du programme de travail que se propose de conduire le think tank (de gauche) La Forge

Culture et libertés, pour une société du libre arbitre.

Ce groupe de réflexion a besoin plus que tout autre d’une délimitation précise de son périmètre de travail. L’intitulé en est trop vaste et peut recouvrir une multitude de sujets. Il est donc proposé dans un premier temps de subdiviser cet intitulé en quatre thèmes prioritaires. A l’intérieur de ces quatre thèmes qui indiquent des orientations pour la réflexion et peuvent faire l’objet de notes ou d’études, le groupe choisira des sujets ponctuels qui se traduiront par la production d’articles ou d’auditions. Voici la liste de ces thèmes. Pour chaque thème, il est indiqué de manière provisoire quelques sujets de controverse ou impensés à gauche.

L’exercice de la démocratie

Les fabriques de la doxa

Les nouvelles surveillances, les nouvelles punitions

Les structures sociales de la transmission culturelle

Il a beaucoup été dit que la défaite de la candidate de gauche à la présidentielle était « idéologique et culturelle ». L’assemblage de l’idéologie et de la culture doit être manipulé avec précaution, car la culture, au sens de la transmission égalitaire d’un patrimoine ou des œuvres intellectuelles contemporaines est aussi un outil d’émancipation à l’égard des idéologies.

Pour ce qui concerne l’idéologie, il s’agit avant tout d’analyser les abandons préjudiciables de certaines valeurs qui étaient constitutives d’une « culture » de gauche. En témoigne, par exemple, la substitution du principe « donnant-donnant » au devoir de solidarité.

Il faut aussi juger de manière sévère la faible riposte face à la captation par le candidat de droite des figures historiques de la gauche –Jaurès, Blum- et surtout face au rapt et au dévoiement de leur pensée.

Pour la culture, l’analyse doit être plus structurelle. Dans ce champ, s’il faut réaffirmer l’impératif d’une politique publique, il faut analyser sans recul les raisons de l’échec de la démocratisation. Dans le champ plus large de la transmission des connaissances, il est nécessaire de refonder l’objectif d’émancipation individuelle à partir de la réalité des inégalités sociales.

Controverse ou impensé à gauche :
La politique menée jadis par Jack Lang peut-elle enfin faire l’objet d’une critique objective, pour sortir d’un discours lénifiant sur la culture et mesurer ses échecs comme ses succès? Autrement dit : sortir du languisme est-il autorisé à gauche ?

Le texte en intégral.

Ces débats sur la « démocratisation » sont (ou plutôt devraient être) évidemment inséparables d'une réflexion sur le concept de « populaire ». Voir, à cet égard :

Haut, bas, fragile : sociologies du populaire

entretien avec Annie Collovald & Olivier Schwartz

réalisé par Stany Grelet, Fabien Jobard & Mathieu Potte-Bonneville

Lire l'entretien.

Plus concrètement enfin, une autre information signalée par François Deschamps :

La FNCC a ouvert des forums sur les six thèmes retenus dans le cadre des Entretiens de Valois : sur « la révision des systèmes d'aide à la production et à la diffusion », on peut lire la contribution de Karine Gloanec-Maurin qui propose la création d'une Maison d'artistes par département, et celle de Jean-François Burgos qui propose que l'on enregistre les pièces de théâtre pour leur redonner une seconde vie. Sur « les labels et les contrats d'objectifs », on peut lire une contribution de D. Goudal (Théâtre de Brétigny) sur le désarroi des scènes « conventionnées ».

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26 mars 2008

Question de genre

Jeanclaude_pompougnac_26_03_2

* * * * *

Myriam Marzouki vient de créer son blog.

Sous le titre Avignon 2008, du théâtre et du genre, elle écrit :

La programmation du prochain festival d’Avignon vient d’être rendue publique (voir l’article de Sylvain Bourmeau sur Mediapart, elle est également accessible en ligne sur le site du Festival). Chaque printemps, lorsque je découvre le programme du prochain festival, mais également lorsque, entre mai et octobre, je reçois les plaquettes de présentation des différents théâtres, je m’amuse toujours à un petit décompte : combien de metteurs en scène femme ? combien de mises en scène de textes écrits par des femmes ?

(...)

Ce n’est pas surprenant : cette question n’est presque jamais posée et quand elle l’est, c’est à la marge, de manière ponctuelle, il y aurait même quelque chose d’illégitime ou de malsain à poser ce regard là sur le milieu artistique, les logiques de production, les processus de légitimation et de reconnaissance. Pour être précise : la revue Outre-Scène publiée par le TNS a consacré l’an dernier un numéro à la question : « metteuses en scène, le théâtre a-t-il un genre ? ». Il y aurait même une suspicion encore plus forte à l’égard d’un discours qui s’étonnerait d’une réalité tellement criante qu’elle en devient invisible, qui plus est lorsque ce discours est assumé par une femme. Dans un pays comme la France où les adversaires de la loi sur la parité ont pu agiter le chiffon rouge de la porte ouverte au « communautarisme », il est certain que l’on tend le bâton pour se faire battre… Tant pis, allons-y…

Lire la suite...

Sur le même thème, lire aussi l'excellent dossier présenté dans le dernier numéro (#7, février 2008) d'Arcadi, la revue : "Masculin, féminin, le genre e(s)t la matière".

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Post post :

A ne surtout pas manquer, cette découverte de l'Oizeau rare :

Les artistes, les responsables culturels, se trouvent en permanence sommés de justifier leur existence, plus encore lorsqu’ils revendiquent quelques deniers publics pour mener leurs actions. Cette injonction est particulièrement vive aujourd’hui, dans notre pays. Le hasard fait que nous parvient à cet instant une « Charte des responsabilités des artistes » éditée au Brésil. Texte latino-américain à valeur universelle, contribution au débat.

Lire la suite et télécharger la Charte des responsabilités des artistes.

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20 mars 2008

Ainsi va la vie...

Blog_pompougnac_20_03

Information transmise par l'Oizeau rare : tout à l'heure (19 heures) sur LCP, la chaine parlementaire :

Culture : la colère entre en scène ?
La France, phare de la culture, exception culturelle au rayonnement mondial. Ca c'est pour vendre la maison France à l'étranger. Dans notre pays la réalité quotidienne est bien différente...
D'un côté ceux qui craignent un désengagement de l'Etat dans la culture, regroupés principalement autour d'associations et de professionnels du spectacle.
De l'autre, le Gouvernement qui tente d'apaiser les tensions, arguant du fait que les subventions ne seront pas coupées et que l'Etat restera maître en la matière.
Mais la colère des artistes ne s'estompe pas pour autant. Ils étaient présents le 29 février pour appeler à la mobilisation nationale contre ce qu'ils considèrent comme un désengagement de l'Etat dans la culture. Ils seront encore là le 20 mars pour une nouvelle manifestation. Pour aborder ce thème, Dominique Paillé (Secrétaire général adjoint de l'UMP) et Ariane Mnouchkine (Responsable du théâtre du Soleil).
Sans rapport apparent mais qui sait? Premières conséquences du "basculement" à gauche de la municipalité de Rouen (trouvé sur le blog KotKot) :
 

Culture ou bibliothèques ?

A Rouen, le tableau des délégations des adjoints donne les informations suivantes:

Guy Pessiot, adjoint, est chargé du tourisme, du commerce, du patrimoine et des bibliothèques.
Laurence Tison, adjointe, est chargée de la culture et du spectacle vivant.


Les bibliothèques ne sont pas "dans" la culture.

Il sera intéressant de vérifier si Rouen est (et)
reste un cas singulier, ou bien si les nouvelles municipalités font, décidément, un sort différent aux bibliothèques...

Aux Sables d'Olonne, et aux dernières nouvelles, il n'était pas question de transformer dans la zone inondable, elle aussi, le navire en bibliothèque. Quoique, quel succès que la bib à la plage !

23:11 Publié dans BIB | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bibliotheques, rouen, sables d'olonne

Commentaires

Bien que ravie de voir arriver une nouvelle équipe, j'ai moi aussi fait un bond... Sortir les bibliothèques de la culture pour les "ranger" dans le patrimoine (et le commerce !) laisse perplexe quant à l'image de la lecture publique, dans une ville où, selon l'adjointe à la culture précédemment en poste, elle se porte mal.
Des mauvaises langues m'ont suggéré que c'était pour que l'adjoint en question soit sûr que ses propres écrits seront bien conservés... Je doute bien entendu qu'il s'agisse de la réelle motivation de ce choix malheureux. Il n'empêche que le dossier bibliothèques est chaud-bouillant à Rouen et qu'un tel éclatement des compétences culturelles risque de desservir l'énorme chantier qui attend la nouvelle équipe en matière de lecture publique et de décevoir plus d'un Rouennais.
Bref, nous voila partis pour un délicieux mélange des genres, dans lequel lecture publique, vieilles pierres et animaux empaillés devront cohabiter. Sans oublier le boudin au mètre de la Fête du ventre et le petit train des touristes allemands en short...

Ecrit par : Une Rouennaise | mardi, 18 mars 2008

17 mars 2008

Du rire aux armes

Blog_pompougnac

UN.

Trouvé aujourd'hui sur un blog ce petit récit aussi réjouissant qu'édifiant :

Figurez-vous que comme j’ai l’ouïe fine vu mon côté marin j’étais noyé sous les rumeurs depuis une quinzaine de jours, et je me suis dit que j’allais m’introduire dans les bureaux du Ministère de la culture et de la communication pour voir dans quel état il était, s’il avait l’air engageant ou tout à fait désengagé en matière de politique culturelle. Pour y entendre plus clair.

Fenêtre ouverte, j'ai surfé sur un courant d’air et me suis posé sur l’épaule d’une personne qui avait l’air très au courant. Je lui ai chuchoté mes questions l’air de rien, mais professionnel quand même :


Moi : Cher HAMCC (Humain Anonyme du Ministère de la Culture et de la Communication), qu’en est-il du montant réel des baisses de subventions?

Hamcc: Sur les montants des réductions budgétaires des subventions, il y a la théorie et la pratique. La théorie : tous les crédits du Ministère sont écrêtés (je vais utiliser plein de termes barbares, mais tu me pardonneras cher Smithy j'espère) de 6% en 2008 (c'était 5% en 2007), avec 0,5% seulement pour les dépenses de personnels (0,15% en 2007). (Si le MCC a un budget de 3 milliards (je sais pas en fait, je donne le montant au hasard), et que 1 milliard concerne des dépenses de personnels, alors la taxation ne sera pas de 180 millions (6% de 3 milliards) mais de 6% de 2 milliards et 0,5% de 1M, soit 120+5=125 millions.) C'est quelque chose que nous avons arraché à Bercy, parce que ca permet de réduire pas mal la mise en réserve.

Moi : Ah bon d’accord. (Hum)
Ne serait-il pas possible d’envisager plus de souplesse dans l’application de cette Loi (Loi Organique relative aux Lois de Finances) en tenant compte des moyens infiniment variables des compagnies, pour ne pas étouffer le spectacle vivant ?

Hamcc : Ben oui a  priori. On pourrait ne pas répercuter vers les établissements publics directement ce qui est demandé au niveau du programme dont ils dépendent, mais choisir de ventiler et de faire supporter plus à l'un qu'à l'autre compte tenu de ses finances. Le le TNS à Strasbourg a de grosses réserves, l'Odéon des petites. Donc on appliquerait une plus forte réserve au premier qu'au deuxième. En même temps, je viens d'apprendre cet après-midi que Bercy l'année prochaine veut directement retenir les crédits, c’est-à-dire le gel ne s'effectue pas par le MCC, mais par Bercy qui ne donnera plus que les crédits votés par les parlementaires pour le PLF (projet de loi de finances) 2009 moins la mise en réserve.
Donc la souplesse, ca risque d'être un peu comme quand tu essaies de plonger dans une mare: c'est assez limité.

Mais idéalement tu as raison ; on répartit la pénurie, et on fait en sorte que la petite compagnie montante Spectaclous ne soit pas trop touchée et on prélève celle de Engel, de Régy ou de JP Vincent. C'est comme ca que ca devrait se passer, sauf que dans notre société du spectacle, Smithy contre Engel devant les média, c'est Smithy qui repart la queue entre les jambes - si tu me passes l'expression..

Moi
: "Entre les pattes" serait plus exact. La colère et la peur des gens du spectacle vivant sont donc bien justifiées?
Hamcc : C’est vrai que la mise en réserve vient dans un contexte budgétaire difficile: non seulement les crédits sont pour partie gelés, mais en plus les crédits de la culture diminuent très fortement. Bercy, et donc derrière Matignon et l'Elysée, réduisent le financement de la culture. Les 3 programmes (Patrimoines, Création, et Transmission des savoirs et démocratisation de la culture) ont tous diminué en 2008, à commencer par le troisième alors que Sarkozy avait dit que ce serait une priorité.

Moi : Pourquoi Christine Albanel dit-elle que les crédits continuent d’augmenter ?
Hamcc : Evidemment dans la conférence de la ministre, les chiffres sont maquillés, les périmètres sont modifiés, ce qui permet de dire que les crédits augmentent (on "rebudgétise" des crédits qui ne sont pas dans le budget et du coup on donne l'impression que ca augmente…)
Découvrir la suite, le contexte et les commentaires non moins piquants sur le blog SPECTACLOUS.
* * * * *
DEUX.

Reçu cette information/invitation :

Quand les activistes s'emparent des armes de l'art.

Une Brigade Activiste de Clowns taquinant les CRS, des graphistes-militants annonçant « rêve général », des escadrons d’avions en papier contre une armée de soldats, une fausse manif de droite, un carnaval contre le capitalisme… Les activistes s’emparent des armes de l’art, et inventent des formes de mobilisation plus créatives jouant d’un certain esthétisme. Liées à l’apparition de l’altermondialisme, ces actions multiplient les foyers de résistance pour une autre politique. Pourquoi les mouvements sociaux viennent-ils se frotter à l’art ? Qu’est-ce que la dimension artistique apporte à ces actions ? Permettent-elles de repolitiser ou de politiser autrement ? Au-delà de l’impact de ces démarches hybrides, nous nous interrogerons sur l’esthétisation des techniques de lutte par le biais de l’art.

Avec André Gattolin essayiste, enseignant et doctorant, spécialisé dans les techniques de communication activistes, Brian Holmes critique d’art et essayiste, spécialisé dans les croisements entre art, économie politique et mouvements sociaux, Samuel Wahl journaliste revue Cassandre.

Vendredi 21 mars 2008, de 19h à 21h, à la Sorbonne, amphi Richelieu

Plus d'information : http://art-espace-public.c.la

* * * * *

TROIS.

L'Oizeau rare communique :

Une contre-proposition :

" Désormais chaque année, à partir de  la rentrée scolaire 2008, tous les
enfants de CM2 se verront confier  la mémoire d'un des 11 000 enfants
victimes des lois  Sarkozy-Hortefeux contre l'immigration.
Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l'existence d'un enfant
renvoyé par avion dans son pays. Rien n'est plus émouvant pour un enfant
que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les
mêmes joies et les mêmes espérances que lui."

Je vous invite recopier le texte ci-dessus sur 2 cartes postales, une pour chacun, et à les envoyer aux 2 éminents personnages ci-dessous :

 

Monsieur le Président de la République
55 rue Faubourg St Honoré
75008 PARIS

Monsieur le Ministre de l'Immigration
101 rue deGrenelle
75700 PARIS

N'hésitez pas à diffuser largement cet appel autour de vous !

===

Bonus (lui aussi transmis par l'Oizeau rare), une leçon d'instruction civique proposée par Henri Copain, ancien professeur à l'IUFM de Nantes).

Téléchargement insruction_morale_et_civique.doc

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16 mars 2008

Les causes d'un silence

Ephmride

Il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille.

(Napoléon Bonaparte).

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