Du grain à moudre...
Dans une actualité publiée la semaine passée, François Deschamps signalait la publication aux éditions de l'Attribut des contributions au cycle de conférences tenu en 2007 à Nantes, à l'initiative du Conseil général de la Loire Atlantique, sous le titre Culture & Société - Un lien à recomposer sous la direction de Jean-Pierre Saez.
Sur le site d'Artishoc, on peut lire en ligne la contribution d'Olivier Donnat à ce cycle de conférences intitulée : Démocratisation de la culture : fin...et suite ?
On pourra rapprocher sa réflexion du programme de travail que se propose de conduire le think tank (de gauche) La Forge
Culture et libertés, pour une société du libre arbitre.
Ce groupe de réflexion a besoin plus que tout autre d’une délimitation précise de son périmètre de travail. L’intitulé en est trop vaste et peut recouvrir une multitude de sujets. Il est donc proposé dans un premier temps de subdiviser cet intitulé en quatre thèmes prioritaires. A l’intérieur de ces quatre thèmes qui indiquent des orientations pour la réflexion et peuvent faire l’objet de notes ou d’études, le groupe choisira des sujets ponctuels qui se traduiront par la production d’articles ou d’auditions. Voici la liste de ces thèmes. Pour chaque thème, il est indiqué de manière provisoire quelques sujets de controverse ou impensés à gauche.
Les nouvelles surveillances, les nouvelles punitions
Les structures sociales de la transmission culturelle
Il a beaucoup été dit que la défaite de la candidate de gauche à la présidentielle était « idéologique et culturelle ». L’assemblage de l’idéologie et de la culture doit être manipulé avec précaution, car la culture, au sens de la transmission égalitaire d’un patrimoine ou des œuvres intellectuelles contemporaines est aussi un outil d’émancipation à l’égard des idéologies.
Pour ce qui concerne l’idéologie, il s’agit avant tout d’analyser les abandons préjudiciables de certaines valeurs qui étaient constitutives d’une « culture » de gauche. En témoigne, par exemple, la substitution du principe « donnant-donnant » au devoir de solidarité.
Il faut aussi juger de manière sévère la faible riposte face à la captation par le candidat de droite des figures historiques de la gauche –Jaurès, Blum- et surtout face au rapt et au dévoiement de leur pensée.
Pour la culture, l’analyse doit être plus structurelle. Dans ce champ, s’il faut réaffirmer l’impératif d’une politique publique, il faut analyser sans recul les raisons de l’échec de la démocratisation. Dans le champ plus large de la transmission des connaissances, il est nécessaire de refonder l’objectif d’émancipation individuelle à partir de la réalité des inégalités sociales.
Controverse ou impensé à gauche :
La politique menée jadis par Jack Lang peut-elle enfin faire l’objet d’une critique objective, pour sortir d’un discours lénifiant sur la culture et mesurer ses échecs comme ses succès? Autrement dit : sortir du languisme est-il autorisé à gauche ?
Ces débats sur la « démocratisation » sont (ou plutôt devraient être) évidemment inséparables d'une réflexion sur le concept de « populaire ». Voir, à cet égard :
Haut, bas, fragile : sociologies du populaire
entretien avec Annie Collovald & Olivier Schwartz
réalisé par Stany Grelet, Fabien Jobard & Mathieu Potte-Bonneville
Plus concrètement enfin, une autre information signalée par François Deschamps :
La FNCC a ouvert des forums sur les six thèmes retenus dans le cadre des Entretiens de Valois : sur « la révision des systèmes d'aide à la production et à la diffusion », on peut lire la contribution de Karine Gloanec-Maurin qui propose la création d'une Maison d'artistes par département, et celle de Jean-François Burgos qui propose que l'on enregistre les pièces de théâtre pour leur redonner une seconde vie. Sur « les labels et les contrats d'objectifs », on peut lire une contribution de D. Goudal (Théâtre de Brétigny) sur le désarroi des scènes « conventionnées ».
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