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24 avril 2008

La pédagogie au secours de la rupture.

Blog_pompougnac_24_04

Ce soir, le Président nous parle.

Ce matin, j'ai entendu, sur RFI, un de ses proches amis politiques annoncer qu'il allait lors de cette grande intervention télévisuelle « faire la pédagogie de ses réformes ».

On ne peut mieux signifier l'impasse d'un an de rupture qu'en ressortant cette vieille lune : quand le politique est mal en point, il essaie de se refaire une santé avec la pédagogie.

Cette confusion du politique et du pédagogique est entretenue non seulement par l'empire du scolaire sur le social mais aussi par la façon dont le personnel politique conçoit son action. Quand il s'admoneste lui-même, il emploie comme synonymes ces deux injonctions : « il faut communiquer », il faut faire de la pédagogie ». Qu'une décision puisse être impopulaire, que l'opinion se révèle rétive aux orientations des gouvernants, que le suffrage des citoyens sanctionne ce qui leur semble être une mauvaise politique et on cherche où est le « déficit de communication ». Les politiques se considèrent comme ces professeurs de mathématiques dont parlait Bachelard, qui ne comprennent pas que l'élève ne comprenne pas. Ils veulent un peuple d'écoliers, de préférence pas trop mauvais élèves. Les armes de la politique s'appauvrissent et semblent se réduire au répertoire étriqué de la pédagogie de la séduction.

La confusion du politique et du pédagogique; Illettrisme, tourner la page? Jean-Claude Pompougnac Hachette, 1996.

Du même excellent auteur, voir aussi sur ce thème Citoyen du monde ou conseiller du prince? in A quoi pensent les philosophes?, Autrement n°102, novembre 1988.

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Le Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire publie un ouvrage collectif.

Cvuph

Guy Môquet, Jaurès, les colonies, et tant d’autres… Nicolas Sarkozy en campagne, puis au début de son mandat, n’a cessé d’utiliser et de brandir des références historiques.

Cet usage immodéré a mobilisé autant de mises en scène grandiloquentes que de discours de filiation destinés à dessiner les contours d’une France mythique du candidat puis du président. Comment voir clair dans tous ces personnages et événements sans cesse mélangés et associés les uns aux autres en dehors de tout contexte ? Comment comprendre le brouillage de références qui empruntent autant aux grandes figures de la gauche qu’à celles de la droite ? Quels sont les enjeux et les effets politiques de telles constructions ?

Une vingtaine d’historiens ont disséqué les usages que fait de l’histoire Nicolas Sarkozy, pour permettre de saisir les mécaniques à l’œuvre dans cette vaste entreprise de reconstruction d’un roman national. Sous la forme d’un dictionnaire, un véritable parcours critique dans l’histoire de France revue et corrigée par une droite qui entend refabriquer de l’« identité nationale »…

Toujours sur le site du Comité de vigilance face aux usages publics de l'histoire, on trouvera une contribution de Vincent Chambarlhac Deux ou trois choses que l'histoire des arts suppose à l'école primaire.

Le projet de nouveaux programmes pour l’Ecole primaire, soumis à consultation (20 février 2008) place sous les feux de la rampe l’introduction d’une démarche nouvelle, l’histoire des arts. Par son pluriel, elle semble se démarquer de l’histoire de l’art, discipline canonique inextricablement liée au système des beaux arts ; pour autant, son institutionnalisation présage peut-être à sa fondation comme discipline d’enseignement. L’Histoire des arts, telle qu’elle semble se définir à partir des textes soumis à consultation, ne surgit pas du néant institutionnel. La démarche procède certes du contexte politique, des promesses de campagne – qui témoignaient par ailleurs d’une sidérante méconnaissance des réalités des dispositifs divers de l’art à l’Ecole -, mais elle s’inscrit aussi dans l’horizon de l’option Histoire des arts, enseignée en lycée comme spécialité de la filière littéraire depuis 1991, reconnue comme enseignement pour une part des CPGE (1). On le pressent, l’Histoire des arts telle que déclinée pour l’enseignement primaire annonce pour une grande part ce qu’il en sera en collège. Pour le lycée, rien ne filtre encore, mais tout donne à penser, par la centralité de l’histoire des arts comme point commun de disciplines affines (l’histoire / géographie, les enseignements artistiques, les langues au collège), un redécoupage global. Les propositions pour l’Ecole primaire relèvent d’un dispositif plus ample, dans lequel l’histoire a largement partie liée (ne serait-ce qu’au titre des 25% du volume horaire annuel en collège laissé à l’histoire des arts dans le cadre de l’enseignement d’histoire / géographie).

Ce sont donc deux ou trois choses que l’Histoire des arts suppose, et qu’implique l’effet de seuil franchi d’une option à sa généralisation. Les réflexions qui suivent sont évidemment transitoires, les hypothèses formulées pouvant rapidement se révéler caduques ou au contraire vérifiées, au rythme galopant des déclarations d’intention, des textes prescripteurs.....

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