Powered by TypePad
Membre depuis 09/2004

« L'héroïne VS l'anorexie | Accueil | La pédagogie au secours de la rupture. »

18 avril 2008

Quand Aimé écrivait à Maurice

Blog_pompougnac18_04_2

Il y a deux manières de se perde : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel ».
Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers.

(Aimé CESAIRE).

Greg a 22 ans, il est diplômé d'un "IEP de province" étudiant en master II de sociologie politique.
Son blog s'appelle ARRETS SUR LES MOTS et aujourd'hui il a la bonne idée de publier une lettre d'Aimé Césaire à Maurice Thorez.

Une lettre du 24 octobre 1956 qui se termine ainsi :

Je sais bien. On nous offre en échange la solidarité avec le peuple français ; avec le prolétariat français, et à travers le communisme, avec les prolétariats mondiaux. Je ne nie pas ces réalités. Mais je ne veux pas ériger ces solidarités en métaphysique. Il n’y a pas d’alliés de droit divin. Il y a des alliés que nous impose le lieu, le moment et la nature des choses. Et si l’alliance avec le prolétariat français est exclusive, si elle tend à nous faire oublier ou contrarier d’autres alliances nécessaires et naturelles, légitimes et fécondantes, si le communisme saccage nos amitiés les plus vivifiantes, celle qui nous unit à l’Afrique, alors je dis que le communisme nous a rendu un bien mauvais service en nous faisant troquer la Fraternité vivante contre ce qui risque d’apparaître comme la plus froide des abstractions. Je préviens une objection. Provincialisme ? Non pas. Je ne m’enterre pas dans un particularisme étroit. Mais je ne veux pas non plus me perdre dans un universalisme décharné.
Il y a deux manières de se perde : par ségrégation murée dans le particulier ou par dilution dans l’ « universel ».
Ma conception de l’universel est celle d’un universel riche de tout le particulier, riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers. Alors ? Alors il nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force « d’inventer » notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiées qui l’obstruent. En bref, nous considérons désormais comme notre devoir de conjuguer nos efforts à ceux de tous les hommes épris de justice et de vérité pour bâtir des organisations susceptibles d’aider de manière probe et efficace les peuples noirs dans leur lutte pour aujourd’hui et pour demain : lutte pour la justice ; lutte pour la culture ; lutte pour la dignité et la liberté ; des organisations capables en un mot de les préparer dans tous les domaines à assumer de manière autonome les lourdes responsabilités que l’histoire en ce moment même fait peser si lourdement sur leurs épaules.
Dans ces conditions, je vous prie de recevoir ma démission de membre du Parti Communiste Français.
Aimé Césaire, Paris, le 24 octobre 1956.

Merci Greg.

= = = = = =

Arcadi_77

***

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

= = = = = = =

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/117783/28251596

Voici les sites qui parlent de Quand Aimé écrivait à Maurice:

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux de commentaires pour cette note.

Poster un commentaire