Le malheur des uns fait le malheur...des autres
Culture en péril
Vidéo envoyée par sarahgood
C'est l'oizeau rare qui m'a signalé cette vidéo. Bonne pioche et merci.
J'étais un peu au courant de cette affaire heureusement extérieure à notre nombrilique hexagone (tout ce qui est étranger ne peut que nous donner à réflechir en nous décentrant de nos débats indigènes) grâce à Fanny Ardente (si, si elle existe). Et à son blog et sa publication de la Lettre à Stephen Harper par Wajdi Mouawad, Fonctionnaire pour l’État canadien
Monsieur le premier ministre. Nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Vous êtes premier ministre au Parlement canadien, et moi, juste en face, auteur, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA). Je suis donc, tout comme vous, un fonctionnaire de l’État travaillant pour le gouvernement fédéral, un collègue en somme.
Je profiterai alors de cette position privilégiée pour, m’entretenant avec vous de fonctionnaire à fonctionnaire, évoquer l’annulation des programmes de subventions fédérales dans le domaine de la culture, et à laquelle votre gouvernement vient de procéder. En effet, suivant de près cette affaire, j’en suis arrivé à quelques conclusions que je me permets de vous communiquer publiquement, ce débat devenant lui-même, vous en conviendrez, d’intérêt public.La symbolique
Premièrement, il apparaît nécessaire que vous vous entouriez de quelques conseillers qui sauront être attentifs à l’aspect symbolique des gestes de votre gouvernement. Vous le savez sans doute, mais il est bon de le rappeler, chaque geste public raconte non seulement ce qu’il est, mais aussi ce qu’il symbolise.
Par exemple: un premier ministre qui ne se déplace pas pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Chine, arguant d’un horaire trop chargé, n’empêche nullement le fait que, sur le plan symbolique, son absence puisse signifier aussi autre chose. Elle peut signifier qu’il désire poser le Canada comme un État appuyant les revendications du Tibet. Ou encore elle s’apparente à un signe de protestation contre la manière avec laquelle les droits de l’homme sont considérés par Pékin. Si ce premier ministre s’obstine à n’évoquer qu’un calendrier chargé pour expliquer son absence, qu’il le veuille ou non, celle-ci aura une portée symbolique qui engage tout le pays. Le sens symbolique d’un geste public primera toujours sa raison technique.
Les esprits curieux, scrupuleux, nuancés (mais si, ça existe, j'en rencontre un tous les matins dans ma salle de bains!) s'attarderont peut-être sur un point de vue divergent, celui de Pierre Duhamel qui comme son nom l'indique est francophone sans être hexagonal.
Les artistes québécois sont-ils furieux parce que le gouvernement conservateur a sabré certains programmes destinés à la promotion des arts à l’extérieur du pays ? Ou est-ce l’idée même de l’élection d’un gouvernement conservateur avec de solides assises au Québec qui leur est insupportable ?
Je me pose naïvement la question après avoir entendu sur tous les tons et tous les registres plusieurs d’entre eux au cours des dernières semaines. Remarquez, ils ont parfaitement le droit de s’exprimer et il est raisonnable de penser qu’ils sont bien placés pour défendre un point de vue sur les politiques culturelles de nos gouvernements.
Non, il y a deux choses qui n’énervent dans cette salve de critiques entendues sur toutes les tribunes. D’abord, il y a cette espèce de supériorité morale dont ils se drapent quand ils se prononcent sur toutes les questions politiques, sociales, environnementales ou culturelles. Certains sont devenus des experts universels et infaillibles.
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