Powered by TypePad
Membre depuis 09/2004

Les politiques culturelles en débat

26 juin 2008

De la distinction à la transmission

Thse_dmv

Il s'appelle Damien Malinas Veux et son blog Transmission de données.
Sous ce titre prennent forme et sens quelques éléments qui l'ont amené à la soutenance de sa thèse :

TRANSMETTRE UNE FOIS ? POUR TOUJOURS ? PORTRAIT DES FESTIVALIERS D'AVIGNON EN PUBLIC

sous la direction de Jean-Louis Fabiani (Directeur d'études à l'EHESS) et Emmanuel Ethis (Professeur des Universités UAPV).

Le contexte :

Depuis 1994, un programme d’enquêtes sur les publics du Festival d’Avignon a été mis en œuvre. Les objectifs de ce programme inscrits dans la durée – les enquêtes ont été reconduites régulièrement entre 1994 et 2005 - étaient de mesurer durant chaque saison du festival les effets socio-morphologiques concrets quant à la constitution et à la transformation des publics qui participent à la manifestation. Sous la direction d’Emmanuel Ethis et Jean-Louis Fabiani, la thèse est inscrite dans la ligne générale de ce programme. Elle a eu pour objectif de mieux comprendre ce que sont les rythmes de venues des uns et des autres, mais également de rendre compte ce qui se joue dans la diversité des participations au festival : la conquête d’une certaine autonomie culturelle et certaines modalités de la transmission d’une relation aux arts de la scène

Ce travail a donné lieu à un ouvrage rédigé à trois mains et fraîchement publié aux Editions l'entretemps, dans la collection Le Champ théâtral : Avignon ou le public participant.

Jamais l’on n’avait consacré quinze ans d’enquête, quinze ans à un seul et même terrain d’observation pratiqué et porté par trois générations de sociologues autour d’une volonté commune de comprendre ce que sont les « publics du Festival d’Avignon ». Nombre d’artistes – metteurs en scène, comédiens ou techniciens – décrivent leur passage par « Avignon » comme une expérience relevant presque d’un rituel professionnel. Nous découvrirons ici qu’il en est de même côté « public »… Faire le Festival d’Avignon relève d’une expérience singulière, idéale et idéalisée dans une carrière de spectateur. Et pour cause, le projet du Festival d’Avignon s’est bâti en affichant une volonté originale dans la manière de « fabriquer » son public. Cette part du contrat pensée en direction du « public » constitue, en effet, un des moteurs de la forme festivalière à l’œuvre. Si l’idéologie qui baignait le développement de la culture d’après-guerre l’espère « populaire », le public, lui, n’a eu de cesse de se réinventer au gré des métamorphoses du Festival. L’objectif de départ d’Avignon, revendiqué comme tel par l’équipe Vilar, fut d’attirer dans l’ancienne cité des Papes des spectateurs écartés jusque-là du théâtre, auxquels il s’agissait de rendre le goût du spectacle vivant et de donner des motifs de curiosité pour l’art dramatique. « Un art collectif comme celui du théâtre ne peut témoigner valablement dans l’unique Paris », déclare Vilar. Il faut à cette fin être en mesure de « réunir, dans les travées de la communion dramatique, le petit boutiquier et le haut magistrat, l’ouvrier et l’agent de change, le facteur des pauvres et le professeur agrégé ». C’est ainsi que s’élabore la légende d’Avignon et de son public. En s’évadant des théâtres clos, le théâtre du Festival s’impose comme un fait exemplaire et symbolique de décentralisation culturelle. Construit dans la longue durée, le public d’Avignon est entré dans le XXIe siècle, doté aujourd’hui d’une expertise sans précédent, qui fait de lui, ce public dont Vilar avait rêvé et avec lequel Archambault et Baudriller travaillent désormais : le public participant.

Autre publication, celle de la thèse elle-même :

Portrait des festivaliers d'Avignon. Transmettre une fois? Pour toujours?

Presses universitaires de Grenoble

Collection Arts Cultures Publics, 2008

Livre_dmv_2

Ce sont majoritairement des femmes, mais ce sont aussi des hommes. On les dit vieillissant, on veut les renouveler: ils sont fidèles et assidus tout au long de leur vie.
Ils sont avocat, étudiant à l’université, au conservatoire d’art dramatique, en cinéma, technicien du spectacle en formation, lycéen, comédien, secrétaire administrative, retraité de l’Éducation Nationale, animatrice, éducateur, enseignante de lettres, professeur des écoles, institutrice à la retraite, universitaire, responsable culturel, retraitée-commerciale, gérant d’une SARL dans l’événementiel, chirurgien-dentiste, gérant de société, réputés parisiens, souvent avignonnais, parfois anglais ou encore vivant au Québec. Durant plusieurs mois de juillet, ils ont été les festivaliers d’Avignon, spectateur, professionnel, touriste que nous avons écouté, vivre, se souvenir, raconter leur première fois au Festival d’Avignon, mais laquelle ?

Car si nos expériences culturelles nous permettent de nous raconter, au-delà de ce terrain très particulier, cet ouvrage montre en quoi une première fois doit correspondre à une expérience esthétique, car c’est seulement à cette condition qu’elles se prolongent, se transmettent
.

On trouve un nombre incroyable de choses passionnantes sur ce blog, des analyses épistémologiques et sociologiques comme, entre beaucoup d'autres bijoux, cette très jolie note intitulée Publiquement blonde

où il est très justement affirmé :

Une «fausse blonde» n’est pas une «non brune»

La formule vise cette curieuse notion de « non-public », née, comme l'auteur le rappelle, dans la mouvance de la décentralisation théâtrale

La bizarrerie conceptuelle de cette notion réside dans le fait de penser le non-public en fonction du public comme si l’on pense la non-tomate ou le non-rôti au regard la tomate ou du rôti. Muriel Robin dans un sketch intitulé « le peintre » s’adresse à son mari artiste peintre qui vient de faire un portrait de sa non-présence « Va dans la cuisine et regarde bien au milieu, il y a un non-rôti ». Le public est une catégorie spécifique qui ne peut définir le non-public. Comme « la fausse blonde est une catégorie spécifique, un style à part. Ce que n’est pas la fausse brune. La fausse brune est d’ailleurs improbable, on ne lui voit pas de raison de l’être. Elle ne crée pas l’événement comme peut faire une fausse blonde, qui a choisi sa couleur dans ce seul objectif. Donc la teinture ne scandalise qu’à sens unique ».

Ou encore une tonique mise au point sur la notion de transmission culturelle

Et aussi, une superbe collection de photos du festival et des festivaliers (cela faisait partie du protocole de l'enquête) dont certaines de l'édition 2003 de triste mémoire.

Festival_2003

Vous pouvez utiliser ces photos en les citant :
« Enquête sur les publics du Festival d’Avignon » Emmanuel Ethis, Jean-Louis Fabiani, Damien Malinas-Veux – photo prise par Christophe De Saint Denis.
Veuillez nous signaler leur utilisation : damien.malinas@univ-avignon.fr Merci.

Et en plus, le festival d'Avignon dans les archives de l'INA

un authentique procès verbal de soutenance de thèse,

une imoposante bibliographie de sociologie de la culture et des publics

et ce très beau fragment de journal (réel ou fictif, peu importe) :

Jeudi 25 juillet 1956 -

Hier, avec maman, je suis allée au festival d’Avignon voir jouer « Dom Juan » qui était fort bien rendu par Jean Vilar. Il y avait de jolies toilettes, des robes habillées, des costumes de villes, des blues jeans, des duffle-coats, cette ambiance me plaît beaucoup.
J’ai revu avec plaisir les rues d’Avignon, les boutiques illuminées, j’ai croisé des camarades, des figures connues, la rue de la « Ré » regorge plus que jamais de jeunes, de gaîté. Hier, encore je me disais : « Au fond, si tu restais tranquillement à Roquemaure avec tes parents » mais en revoyant Avignon et ses rues, la petite vie de village et de popotte ne m’a plus rien dit ».

Journal de Mireille V.

Si vous allez au festival, avant de partir, laissez tomber le Guide du routard et promenez vous dans Transmission de données. Vous festivalerez moins idiot.

bas de page

* * * * * *

Arcadi_77

* * * * * *

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

* * * * * *

  *

 

19 juin 2008

L'exception (culturelle) au pluriel

Mon titre

* * * * *

# 1.De la culture populaire.

Présentation du dossier central du N° 33 de la revue de l'Observatoire des politiques culturelles.

Comment mettre en débat la notion de culture populaire aujourd'hui ? Les représentations contenues dans l'expression elle-même laissent difficilement augurer de la possibilité d'une lecture consensuelle. L'histoire de la culture populaire se confond avec celles des conflits et des malentendus qu'elle a suscités et brasse des sentiments d'exaltation autant que de mépris.

La notion de culture contient des extensions infinies entre son acception la plus étroite qui la réduit à l'univers des beaux-arts, à son acception la plus large qui la confond avec tout ce qui fait société. Les qualificatifs de peuple et de populaire posent des problèmes non moins difficiles à dénouer. Le peuple apparaît toujours dans l'histoire comme une valeur disputée. Dans sa version la plus républicaine, celle d'un Michelet, il est l'incarnation de la nation, toutes classes confondues. Rapporté au combat politique, il est souvent associé à une seule partie de la cité, de droite ou de gauche… Parfois, il désigne les plus démunis. Tantôt aussi le peuple est assimilé à la foule, au vulgaire, tantôt à la convivialité. Mais on dit rarement des quartiers déshérités que ce sont des quartiers « populaires ». On les défi nit plutôt comme les quartiers en « difficulté ».

P. Bourdieu considérait que la culture populaire était une notion sans fondement. Curieusement c'est sur ce présupposé que les politiques culturelles se sont construites en France, en séparant l'éducation populaire du champ classique de la culture. Cette hiérarchisation des valeurs de la culture perdure-t-elle ? Est-ce qu'au fond culture cultivée et culture populaire s'opposent ontologiquement ? Qu'est-ce qui est populaire en culture qu'est-ce qui ne l'est pas ? Le Pop Art ? La culture de masse ? La contre-culture ? La culture issue des nouveaux territoires de l'art ? L'art doit-il être populaire ? Comment rendre la culture plus populaire à distance de tout populisme ?

C'est à ce questionnement qu'est consacré ce dossier, librement inspiré du colloque « Faire la culture populaire » organisé par la Région Nord-Pas-de-Calais, Valenciennes Métropole, la Ville de Valenciennes et l'Observatoire en novembre 2007.

REMARQUE :

Dans cette même livraison, on trouvera la synthèse d'une étude commandée à l'OPC par un établissement public de coopératon culturelle situé en Ile-de-France.

Les régions ont progressivement développé leurs interventions dans le champ culturel en cherchant le plus souvent à les articuler autour de leurs compétences de base : la formation, l'aménagement du territoire et le développement économique. Avançant à des rythmes différents, elles se dotent progressivement de politiques culturelles régionales, de stratégies territoriales et de programmes de soutien à la création et à la diffusion artistique dans le domaine des arts vivants notamment.

* * * * *

# 2. Emmanuel Négrier, deux fois.

Nonfiction.fr rend compte de l'ouvrage publié par les (excellentes) Editions de l'attribut.

Culture et société : un lien à recomposer

Jean-Pierre Saez (dir.)

Éditeur : L'Attribut

Cet ouvrage est probablement une des meilleures publications parues sur la politique culturelle et sur la place de la culture dans la société depuis plusieurs années. Il rassemble une quinzaine d’articles d’acteurs, de juristes, d’économistes, de sociologues et de philosophes invités dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par le Conseil Général de Loire-Atlantique en partenariat avec l’Observatoire des Politiques culturelles tout au long de l’année 2007.

(...)

L’excellent article de Philippe Teillet et d’Emmanuel Négrier analyse la "territorialisation" des politiques culturelles, résultante de l’érosion de l’approche jacobine de l’action publique en France. "Territorialiser, c’est donner un sens politique à l’espace" : il s’agit de construire un projet public en tenant compte des spécificités d’un territoire. La montée en puissance des collectivités territoriales, principaux financeurs de la culture dans notre pays a accru ce phénomène, même si le magistère intellectuel du ministère de la Culture s’exerce encore fortement et standardise les modèles d’intervention publique. Les deux auteurs préconisent un effort d’analyse et de diagnostic territorial afin de tenir compte des richesses et de l’identité du territoire.

Pacte - Politiques publiques, Action politique, Territoires - est une Unité Mixte de Recherche rattachée à l’Institut d’études politiques de Grenoble.

Catherine Morel y présente l'ouvrage suivant :

Les politiques culturelles à l’épreuve de la diversité, sous la direction de Lluís Bonet , Emmanuel Négrier. Paris : La Découverte, 232 p. (Recherches / Territoires du politique)

La diversité culturelle prétend au statut de nouvelle norme des politiques publiques, dans un contexte de globalisation accélérée des économies et des sociétés. Elle semble remettre en question le caractère national des politiques culturelles qui se sont développées au cours du XXe siècle. Le rapport entre globalisation, culture et politiques publiques, alimente un premier débat, pluridisciplinaire, sur la réalité des changements en cours : qu’est-ce que la globalisation, du point de vue des politiques culturelles ? Un cheval de Troie de la standardisation commerciale, ou une nouvelle façon d’aborder les identités au sein d’une société multiculturelle ? Quant à la pratique de la diversité dans les politiques culturelles, elle s’interprète de façon différente selon les contextes nationaux : les cas anglais ou hollandais contrastent avec ceux de l’Italie, de l’Espagne ou de la France.

La manière dont les pays appréhendent la diversité est d’abord fonction de leur propre rapport historique à l’altérité. Elle est aussi fonction de l’évolution des politiques culturelles contemporaines, depuis le rôle qu’elles assignent à l’intervention publique jusqu’à leur degré de centralisation autour de l’État. Prendre au sérieux la diversité culturelle, c’est la soumettre à une critique fondée sur une analyse comparée. Dans cet ouvrage qui réunit les meilleurs spécialistes de la question dans huit pays différents, cette critique se tient à distance des idées reçues, des plus généreuses aux plus rigides, sur les identités culturelles.

Enfin, le blog transculturalismes reproduit la recension par Robet Solé dans Le monde des livres de l'ouvrage de Bonet et Négrier ainsi que de deux autres non moins intéressants, semble-t-il.

La fin des cultures nationales, sous la direction de Lluis Bonet et Emmanuel Négrier
La Découverte, 230 p., 22 €.

Pour un nouveau cosmopolitisme, de Kwame Appiah
Ed. Odile Jacob, 262 p., 25,50 €.

Transculturalismes, sous la direction de Claude Grunitzky
Grasset, 210 p. illustré
es, 21 €.

# 3. L'impitoyable constat du jour :

L’affaiblissement conceptuel et financier du ministère de la culture ces toutes dernières années accroît de manière inédite la marge de définition des politiques culturelles par les collectivités territoriales. Ainsi, la période qui s’ouvre devrait voir se structurer des projets artistiques et culturels de territoires spécifiques, garants d’une réelle diversité culturelle sur notre territoire.

Retrouvez le contexte...

# 4. La « Une » à laquelle vous avez échappé.

Faux_libe_5   

* * * * * *

Arcadi_77

* * * * * *

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

* * * * * *

  *

 

02 mai 2008

Sauver la culture? (suite)

On se souvient peut-être du soulagement collectif, au lendemain de l'élection présidentielle, lorsque s'était confirmé le maintien d'un ministère de la culture, un temps menacé de rattachement à un autre département ministériel par le candidat finalement victorieux.

Sous le titre « Nous sommes sauvés »  j'y avais consacré une note un peu (trop?) véhémente.

Le temps passe.

Est-ce que les temps changent? Là est la question.

François Deschamps sur Territorial.fr signale deux manifestes récents qui visent cette fois non plus à sauver un ministère mais la culture, elle-même. Rien de moins.

Sauvons la culture, tel est le titre du premier.

Manifeste d’intérêt général pour l’art et la culture

mardi 22 avril 2008

La remise en cause brutale de nombreux financements liés au soutien à la création, à la démocratisation de l’accès à la culture, à la politique de la ville, à l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle artistiques ou encore aux actions internationales, suscite inquiétude, indignation et colère [1] chez tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’art et la culture.

Cinquante ans de politiques culturelles innovantes et audacieuses ont permis la création d’un maillage culturel territorial quasiment unique au monde. Des salles de cinéma, des théâtres, des bibliothèques, des lieux de spectacles et d’expositions, des orchestres, des artistes de toutes formes d’expression artistique (théâtre, danse, musique, cinéma, arts visuels, arts du cirque et de la rue…) qui se déplacent sur tout le territoire, des associations, des festivals et manifestations liés à tous les arts, permettent partout en France, à un vaste public de rencontrer des œuvres, leurs auteurs et interprètes.

Aujourd’hui, cette richesse collective est mise en péril.

Lire la suite...

La liste des organisations signataires de ce premier manifeste renvoie aussi à un Appel des fédérations d’éducation populaire pour les arts et la culture au quotidien

On n'est donc pas loin du Front unitaire. Je note d'ailleurs que cette dénomination de manifeste d'intérêt général  rappelle celui du Forum permanent pour l'éducation artistique (étrangement absent de la liste des initiatives dréssée par les initiateurs de cet appel).

Sous le titre Ne laissons pas mourir l'action culturelle et solidaire sous Sarkozy, le second manifeste est lancé par les Editions de l'attribut.

Il existe en France un secteur d’activité d’une incroyable diversité et d’une effervescence continue, menacé de précarité et de disparition par la politique du président de la République. Créateur de lien social et d’emplois, le tissu associatif culturel contribue à l’épanouissement des individus, encourage leur créativité et leur émancipation en plaçant l’humain au centre de ses préoccupations. Ce secteur de l’action artistique et culturelle déploie, sur tous les territoires où il agit, des visions sensibles et solidaires du monde.

Plusieurs organisations signataires, dont l'UFISC et quelques personnalités.

On notera que dans les deux cas, l'accent est mis sur l'intérêt général et la dimension solidaire de l'action culturelle et non sur la défense de la création (ou de l'artistique), genre « sauvons les bébés phoques». (Les artistes, en France, sont-ils une espèce en danger?).

Ce qui rappelle la prise de position singulière d'Arianne Mnouchkine...

Mais comment éviter le piège du corporatisme, qui semblait planer au début du rassemblement de l’Odéon, où le public n’était pas convié ?
Nous devons nous inscrire dans un mouvement national large. Ce qui nous arrive ne touche-t-il pas aussi d’autres secteurs, comme celui de la justice, de la santé, des universités, de la recherche ?


Comment ?
Il faut réussir à clarifier pour tous le rôle des artistes dans la société. Nous devons réussir à faire dire aux citoyens ce qu’ils estiment être nos droits et nos devoirs. Ce qu’ils attendent de nous. Les écouter. Et en discuter avec eux. Puis établir, rédiger une sorte de charte, un pacte à mettre en œuvre entre le public… non… pas seulement le public, entre les citoyens et nous, artistes ou artisans d’art de toutes sortes et de toutes disciplines.


Est-ce réalisable ?
Je ne sais pas. Je le souhaite ardemment depuis longtemps. J’aimerais pour cela que se réunissent des groupes d’hommes et de femmes de théâtre, des écrivains, des musiciens, des danseurs, des circassiens, des économistes et de nombreux simples citoyens, public ou non public. Ces derniers nous diraient quelle est, selon eux, notre utilité. Ainsi, elle ne serait pas toujours auto-proclamée par nous-mêmes.

Propos recueillis par Fabienne Pascaud, publiés sur le site de Télérama le 29 février. (Voir aussi un exemple de Charte des artistes signalé par l'Oizeau rare).

Je rappelle à cette occasion l'intelligente problématique dessinée par le groupe de réflexion de La Forge (think tank indépendant mais néanmoins de gauche) « Culture et liberté , pour une société du libre-arbitre».

* * * /* * *

Lire en diagonale, penser de travers, écrire à bâtons rompus.

(Germaine Destrigaux, Des horizons dérisoires, Calmann Levy,1936)

Tous ceux qui voudront traiter séparément de la lutte des classes et de la guerre des sexes ne comprendront jamais rien, ni à l'une, ni à l'autre.

(Kurt Schlumberger, Contribution à une sociologie de la radicalité, trad. française Félix Alcan, 1912).

Croire dure comme faire.

(Bienheureuse Solange de la Sainte Trinité, Lettre à son directeur spirituel Editions du Cerf, 1958)

Jamais je ne voudrais faire partie d'un club qui accepterait de m'avoir pour membre.

[ Groucho Marx ] - Cité par Arthur Sheekman dans The Groucho Letters

* * */* * *

Remarques sur un possible changement d'orientations de ce blog

La rédaction de ces notes a commencé le 20 septembre 2004.

Elles ont été consacrées, pour l'essentiel, à la mise en oeuvre des deux lois (2002 et 2006) permettant aux collectivités publiques de créer des établissements publics de coopération culturelle (EPCC).

Ces informations ont suscité l'intérêt de quelques personnes; elles restent donc ici archivées de même que quelques considérations sur les politiques culturelles, les débats autour d'icelles et certains aspects de la vie administrative (sans oublier quelques traits d'humeur ou d'humour).

Il n'est pas exclu que ce blog se consacre désormais à de nouveaux centres d'intérêt.

* * * * *

Arcadi_77

***

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

* * * * *

22 février 2008

Est-ce bien le moment?

Jml_2 

Tirer sur une ambulance c'est mal!

Est-ce donc bien le moment de débattre des politiques culturelles?

C'est (encore) la question du jour, posée par le Dr Kasimir Bisou (Jean-Michel Lucas) et relayée par l'Oiseau rare sur son blog. Allez-y... c'est en images!

Voir aussi dans la colonne de gauche (Table de chevet) le dernier ouvrage (Art, culture et éducation au coeur d'une passion) du promoteur de la Contre-lettre.

= = = = = =

Arcadi_77

***

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

= = = = = = =

referencement gratuit

Nous vous conseillons les annuaires suivants : annuaire 123 pagerank, annuaire du net gratuit, un repertoire de sites gratuit, annuaire des papillons, repertoire de sites, annuaire internet, sélection de sites, annuaire internet, annuaire internet et web malin et pratique. Site reference par création de sites internet et referencement 2010.

13 février 2008

Post scriptum

Jeanclaude_pompougnac_13_02

Post scriptum à ma note d'hier...

Dans Libération du 11 février, René Solis, sous le titre Un « Grenelle culturel » pas gagné

Annoncés par Christine Albanel en décembre dernier, les «entretiens de Valois» organisés par le ministère de la Culture avec les professionnels du spectacle vivant débutent ce lundi. Ils devraient s’achever à la mi-juin, afin que les conclusions éventuelles puissent être prises en compte dans l’élaboration du budget 2009.

Paroxysme.

En lançant ces entretiens, la ministre tente de désamorcer la colère du milieu du spectacle, après les coupes budgétaires annoncées à l’automne, où compagnie et institution s’étaient vu infliger une baisse moyenne de 6 % de leurs subventions d’Etat. Colère qui avait connu son paroxysme à la veille de Noël, quand le metteur en scène et cavalier Bartabas avait saccagé le bureau du directeur régional de l’action culturelle (Drac) d’Ile-de-France. Les choses se sont depuis légèrement arrangées. Le ministère a annoncé que tout le monde retrouverait finalement peu ou prou une subvention du niveau de celle de 2007.

Mais François le Pillouër, président du Syndeac (qui regroupe la majorité des employeurs du théâtre public) estime que c’est loin d’être le cas partout : si certaines régions ont remis tout le monde à niveau, d’autres traînent les pieds, et de nombreuses structures, notamment des compagnies, font état de baisses non compensées. Par ailleurs, la stricte remise à niveau se traduit quand même par une dégradation des comptes, vu l’inflation.

Mais la question des subventions n’est pas la seule en suspens. Beaucoup s’inquiètent des rumeurs persistantes d’un démantèlement du ministère de la Culture, au lendemain des élections municipales. Et même si ce n’est pas le cas, il n’est pas certain que Christine Albanel conserve son poste. Le contexte politique pourrait donc réduire la portée de ces entretiens.

L’objectif est ambitieux, qui vise à remettre à plat tous les dossiers : rôle de l’Etat et des collectivités locales dans le financement, labels et cahiers des charges, état de la création et de la diffusion, éducation artistique, formation, emploi (avec l’éternel retour de la question des intermittents), politiques européennes, etc. Les discussions ne seront pas bilatérales : d’autres ministères (Education nationale, Emploi, Affaires étrangères) sont conviés, de même que des représentants des collectivités locales. La crainte affichée par de nombreux professionnels est celle d’une confirmation d’un désengagement accru de l’Etat, au profit des collectivités, notamment les régions. Ils redoutent l’abandon d’une vision nationale en matière de création.

Clivages.

En fait, deux conceptions s’affrontent, recoupant en partie les clivages du début des années 70 entre tenants de l’action socioculturelle et défenseurs de la primauté de l’artiste. Aujourd’hui, l’opposition s’exprime entre ceux qui placent le concept de «territoire» au cœur de leur réflexion, et ceux qui estiment que tout doit s’articuler autour de l’artiste. Des débats qui transcendent les positionnements politiques : on trouve des tenants des deux positions à droite comme à gauche.

Les conceptions ne sont, bien sûr, pas toujours aussi tranchées, mais on peut dire que les défenseurs d’une conception territoriale ont plutôt le vent en poupe, au risque d’amplifier les tentations d’instrumentalisation de la culture. Ce qui reflète aussi une réalité : rarement les politiques ont semblé aussi éloignés du monde de l’art et de la création.

Ces clivages ne sont-ils pas, sous la plume du journaliste avisé (« recoupant en partie » ... « les conceptions ne sont, bien sûr, pas toujours aussi tranchées »... « on trouve des tenants des deux positions à droite comme à gauche »), la manifestation d'une symptomatique hémiplégie politique qui frappe désormais durablement les milieux artistiques?

C'est comme une réponse (et en même temps une confirmation) à cette catégorisation arbitraire (qui n'est que la formulation abstraite d' un rapport de forces hélas trop concret) que résonne le papier de Daniel Conrod (Télérama n°3031) Lettre de mission impossible qui évoque la contre-lettre dont on a déjà parlé ici.

Mais où sont-ils donc passés? On a beau parcourir en long, en large et en travers, la liste des signataires de la pétition adressée à Christine Albanel, il n'en font pas partie : patrons d'institutions prestigieuses, artistes reconnus, comédiens, danseurs ou circassiens, directeurs de scènes nationales et autres lieux du service public de la culture, tous ont le tête ailleurs. (...) Le cap des mille signatures a été atteint le 6 février grâce à des enseignants, animateurs, militants culturels, travailleurs sociaux, la plupart anonymes. Où sont les autres?

= = = = = =

Arcadi_77

***

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

= = = = = = =

referencement gratuit

Nous vous conseillons les annuaires suivants : annuaire 123 pagerank, annuaire du net gratuit, un repertoire de sites gratuit, annuaire des papillons, repertoire de sites, annuaire internet, sélection de sites, annuaire internet, annuaire internet et web malin et pratique. Site reference par création de sites internet et referencement 2010.

11 février 2008

Fin de partie.

Orly_2_2 Ce blog a très souvent évoqué les débats sur les politiques culturelles et renvoyé vers quelques réflexions pertinentes sur ces questions.


Avant d'aller naviguer vers d'autres rivages (entre cabotage et cabotinage, qui sait?) et pour ne pas conclure sur l'improbable refondation d'une action publique digne de ce nom en faveurs des arts, de la culture et des citoyens...

Dans le numéro 3028 du magazine Télérama, Daniel Conrod concluait ainsi un papier intitulé Y a-t-il encore un ministère de la culture ?:

L'ennui dans cette histoire, c'est que la Rue de Valois tout comme la gauche culturelle ont longtemps méprisé toute espèce de réflexion autour de l'évaluation de leurs actions au seul motif que l'art et la culture n'ont pas de prix. Et quand il aurait fallu réinventer une politique culturelle et repenser un service public de la culture pour le troisième millénaire, tous ou presque ont attendu qu'on les leur impose. Nous y voilà. Peut-être voyons-nous apparaître les premiers signes de la rupture tant annoncée par Nicolas Sarkozy au fil de sa campagne électorale.

C'est exactement ce que je pense, ce que nous sommes un certain nombre à penser.

Une illustration majeure avec le texte de Philippe Livar (haut fonctionnaire au Ministère de la Culture) , publié sur le site La Forge, un think thank de gauche (et néanmoins francophone).

Or, les politiques culturelles doivent garantir la liberté absolue de création et n’exiger des artistes aucun engagement social qui ne relève que de leur propre volonté. L’œuvre a une valeur en soi et ne se conçoit pas en fonction de sa réception par la société.
Il en va autrement des diffuseurs. Ils ne peuvent se dérober à leurs missions de service public, le plus souvent clairement identifiées dans les contrats ou les conventions qui cadrent l’objet du financement public dont ils bénéficient.
Mais à chaque fois que cette distinction est soulignée, elle soulève d’étranges oppositions parmi les professionnels de la culture. Les plus médiatisés d’entre eux réfutent cette distinction et ne souhaitent évoquer que la question globale de leurs moyens financiers.
Pour avoir souvent reculé devant ces corporatismes, la gauche a perdu une partie de son magistère. Désormais, le ministre qui veut durer ne touchera plus à rien dans l’équilibre du jeu triangulaire institué entre les professionnels, les collectivités locales et l’Etat. Dans ce jeu centré sur ses seuls acteurs institutionnels, un grand absent n’est plus jamais sollicité: le citoyen.

Changer les méthodes de réflexion

La critique de la méthode peut sembler de pure forme, mais elle touche bien plus au fond qu’il n’y paraît. Il est troublant de constater que la réflexion sur la politique culturelle se déploie toujours à partir de la consultation des artistes ou des professionnels. Il n’y a pas en la matière de recueil systématique des aspirations citoyennes.
Si l’on essayait de transférer cette méthode à d’autres interventions publiques, pourrait-on imaginer, par exemple, que l’on propose une politique publique de la santé sans s’intéresser un peu à l’état sanitaire de la population ?
Le citoyen est devenu l’impensé des politiques culturelles de gauche. Cette réalité prend tout son éclat à l’occasion des élections présidentielles. Absent de leur conception, on lui inflige, de surcroît, le rituel des comités pipole ou des parrainages prestigieux censés prouver l’attachement à la culture de telle candidate ou la profondeur de la pensée de tel autre, en dépit des apparences.
Puis, très vite, les programmes sont en majorité accaparés par les problématiques du spectacle. Ce secteur d’activité sera ensuite surreprésenté dans la médiatisation de l’action des pouvoirs publics au détriment d’autres domaines tout aussi fondamentaux pour la transmission culturelle.
Il se joue, bien sûr, dans cette surreprésentation du spectacle et de ses professionnels l’éternelle symbolique de la relation entre les artistes et le pouvoir. L’artiste est toujours le plus beau miroir du Prince mécène.

Lire le texte de Philippe Livar sur le site de La Forge

A plus... qui sait?

Bon nouvel an chinois, bon carême, bonne Saint-Valentin et bonnes municipales.

EP2C

= = = = = =

Arcadi_77

***

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

= = = = = = =

referencement gratuit

Nous vous conseillons les annuaires suivants : annuaire 123 pagerank, annuaire du net gratuit, un repertoire de sites gratuit, annuaire des papillons, repertoire de sites, annuaire internet, sélection de sites, annuaire internet, annuaire internet et web malin et pratique. Site reference par création de sites internet et referencement 2010.

26 janvier 2008

La contre lettre sur Europe 1

La contre lettre
Vidéo envoyée par ep2c

Interview de Jean-Gabriel Carasso, Europe 1, 26 janvier 2008

26 octobre 2007

La contre lettre.

Heureuse initiative de l'oizeau rare.

La contre lettre de mission du Président de la République à la Ministre de la culture, une réponse citoyenne.

Contre-lettre de mission
adressée à Mme Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la communication.



CITOYENS LIBRES

Paris, le 15 octobre 2007

Madame la Ministre,

Les campagnes pour l’élection présidentielle et les élections législatives qui viennent d’avoir lieu dans notre pays ont démontré le désintérêt manifesté une fois encore par de nombreuses forces politiques et médiatiques, pour les questions artistiques et culturelles. En élisant au Parlement une large majorité présidentielle, les Français ont donné au gouvernement, tous les outils nécessaires à la réussite de sa mission. Ce gouvernement, auquel vous appartenez, n’a désormais qu’un seul devoir : celui de mettre en œuvre un programme artistique et culturel cohérent avec nos engagements internationaux en matière de diversité culturelle, hors des corporatismes et des influences commerciales, afin notamment de réconcilier nos compatriotes avec l’action artistique et culturelle.

Lire la lettre sur le blog dédié....

08 juin 2007

Le débat continue...

Manif3

Les deux contributions du jour, sur Agoravox et sur CultureCom

= = = =

= = = =

Artiste à vendre.

Indépendance et autonomie avérées de la création artistique? Vaste question... Quand l’artiste contemporain se confond avec le "fou du roi".

Ces éléments concernant l’indépendance de la création vont de l’impératif matériel et financier, qui pèse sur toute structure culturelle, à la tendance politique, pas systématique il est vrai, d’utiliser la culture à des fins de communication plutôt qu’à celles visant à émanciper les « consommateurs » et à l’élévation des esprits.

Par ailleurs, ce sont aussi les pressions s’exerçant sur les artistes qui sont également intéressantes, car ces pressions, si elles existent (et elles existent, il n’est pas difficile de le démontrer), ne peuvent qu’orienter plus ou moins les choix esthétiques qui sont les leurs. En d’autres termes, la seule question qui vaille : les artistes sont-ils libres ?

Et la question n’est pas exempte de difficultés ! Faut-il prendre en compte l’élément psychosociologique à la Bourdieu ou alors ne s’en tenir qu’aux faits économiques, politiques ou aux statistiques pour définir la création, considérer la profusion des œuvres, définir l’œuvre comme ce qui n’existe que dans son rapport au public ?

Ce questionnement sur la relation de l’institution culturelle à la création artistique ne peut en réalité que se centrer - en l’utilisant comme pivot - sur la notion d’"autorité". Et cette "autorité" émanant, étymologiquement, du haut (hiérarchie) devrait s’abattre sur l’artiste, alors limité dans son action par des pouvoirs publics le sommant de s’exécuter en suivant les décisions et les choix artistiques initiés au plus haut niveau.

Malraux l’initiateur qui y croyait, Lang, plus stratège, et leurs amis...

Lire la suite…

= = = =

= = = =

Appel à réflexionS

Je vous invite à consulter le site du réseau ARTISHOC (1). Ce réseau organise régulièrement des ateliers, des "brainstormings", des événements permettant à des artistes et des structures membres de mutualiser leurs réflexions... Un vrai outil de communication et de réflexion sur le spectacle vivant en particulier. Dernièrement par exemple, ARTISHOC ouvre une réflexion sur cette dimension essentielle à la circulation des idées, des oeuvres, des désirs : " Des relations aux publics : indices du changement " (télécharger le document). Afin de "Prendre le temps de mesurer les bouleversements qu’imposent les nouvelles pratiques culturelles, rapporter les pratiques des équipes professionnelles pour accompagner ces changements, rapporter leurs questions, leurs expériences, leurs essais, leurs réussites. Echanger."
J'aime assez le ton -assez polémique dans la formulation- que prend cette réflexion ouverte à tous : ARTISHOC ouvre en effet la réflexion à tous les professionnels de la culture, pendant cinq semaines et autour de cinq phrases. La semaine dernière : "un théâtre "élitaire pour tous" est une ambition calamiteuse", cette
semaine : "il y a trop d'artistes et de spectacles pour un marché de théâtre en crise". Alors, si vous aussi vous avez des choses à dire sur ce grand débat public, lâchez-vous !!

Lire la suite…

= = = = = = =

= = = = = =

Arcadi_77

***

=====

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

07 juin 2007

Le piéton de Vendôme

Cruella

C’était avant que le tout devient possible ne le devienne, justement, bien réel, forcément réel. Un réel auquel nous sommes désormais confrontés pour un bail. Ce qui va nous laisser du temps pour analyser l’obscur objet de nos désirs d’avenir.

Nous écrivions à quelques-uns dans le magazine La Scène un texte (Le citoyen doit être au cœur de la politique culturelle) qui se concluait ainsi

En conclusion , la politique culturelle aura besoin pour la prochaine législature d’un ministre courageux qui entreprenne des réformes radicales pour  un objectif clairement identifié: démocratiser et décentraliser, c’est-à-dire remettre au coeur des politiques de l'éducation et de la culture le projet de l'émancipation individuelle et collective.

Mais qu’est-ce que ça veut dire le citoyen doit être au cœur de la politique culturelle ?

J’ai trouvé un blog qui aborde le sujet de front. Réflexions d’un vendômois, un blog qui n’est pas tenu par un acteur du monde de la culture ou un professionnel de la profession.

Politique, culture (et dépendances)

Je lisais, dans la Nouvelle République en date du 2 juin, une interview de Frédéric Maurin, directeur de la Scène régionale de Vendôme. Il évoquait, notamment, les contraintes essentielles qui s'imposent au programmateur, au premier rang desquelles figure le cahier des charges de délégation de service public. C'est-à-dire en fait (le mot manque et c'est dommage), la politique culturelle de la ville, définie par les élus et votée en Conseil municipal.
Cet article m'a amené à me pencher sur le lien qui associe le politique et la culture. Je me souviens des débats qui ont accompagné la naissance de la salle de spectacles vendômoise du Minotaure. D'un côté, les partisans d'une vaste salle soutenaient le projet d'une programmation "large public" (un peu sur le modèle de l'espace Malraux à Châteaudun), reprenant l'idée d'une véritable "culture populaire" dont la gauche doit être proche. De l'autre, les tenants d'une vision plus civique : la culture doit élever le peuple et des spectacles, de prime abord confidentiels et moins vendeurs, ont toute leur place dans la cité.

(…)

Pour tout vous avouer, j'ai assez peu réfléchi à la question. Je me demande s'il existe une offre culturelle de gauche, une autre de droite. Je m'interroge, surtout, sur sa finalité : doit-elle contribuer à éduquer le citoyen, en lui apprenant la tolérance, l'ouverture d'esprit et l'esprit critique ? Doit-elle, tournée vers le monde du spectacle, privilégier des petites productions qui, sans argent public, péricliteraient ? Doit-elle suivre les modes, s'en méfier ou tenter de les créer ? Comment mettre en valeur la culture dont chaque citoyen est porteur ? Par quels processus rendre concret le postulat que la pratique culturelle est un outil de transformation de la société ? Quels sont les liens entre culture, monde du travail et intégration (notamment sociale) ? Surtout, surtout, surtout... Comment, pratiquement, repenser une programmation en fonction de ces réflexions théoriques ? Je le répète, mon ignorance sur le sujet est totale et j'apprécierais d'en débattre avec vous ou d'autres.
Pour dépasser, peut-être, les généralités sans véritable ambition, dans le genre "affirmer le rôle de la municipalité en matière de culture, favoriser l’accessibilité à la culture pour tous les citoyens, consolider et bonifier le réseau des équipements culturels, mettre en valeur et promouvoir le milieu culturel local, soutenir le milieu de la culture".

Le Minotaure de Vendôme, je connais. Son inauguration fin août, début septembre avait valu au DRAC que j’étais alors un retour précipité de ses congés d’été par sympathie pour le maire de la ville et les responsables du lieu.

Agnès Soral, citoyenne d’honneur de la ville, était la marraine de la chose ce qui a donné lieu à une très belle photo d’elle et moi signant un livre d’or, photo qu’hélas ni Paris Match, ni Voici, ni Voilà n’ont jugé utile de publier. N’est pas people qui veut.

Cette question du rapport des théâtres et de leurs directeurs avec les citoyens (qu’ils soient publics ou non-publics) concerne aussi leur rapport aux élus.

C’est sur ce thème que le théâtre de Chartes a organisé en octobre 2006 une rencontre : Acteurs du spectacle vivant et dynamiques des territoires : quelles nouvelles relations sont à tisser entre élus et professionnels ?

Je viens d’en recevoir les actes.

Jean Gabriel Carasso (alias loizorare; voir colonne de gauche) est le meneur de jeu. On y croise Bernard Latarjet et Karine Delorme qui s’est vue depuis retirer sa délégation de Maire adjoint à la culture de la ville de Chalon-sur-Saône,

Mais aussi Benoît Morin, directeur de Culture O Centre (un EPCC), Marcelle Bonjour, Laurent Barré, Jean-Pierre Tolochard, Philippe Buquet, directeur de l’Espace des arts de Chalon-sur-Saône (un autre EPCC)… et j’en passe. Quelle distribution !

Ah, j’oubliais… la maire adjoint à la culture de la ville de Chartes, Isabelle Brochet que j’avais à l’époque (et je m’en excuse aujourd’hui) surnommée Cruella. N’empêche que son échange lors de cette rencontre avec Jacques Kraemer, viré par elle de la direction du théâtre de Chartes après la défaite de la gauche, justifie quand même un peu ce sobriquet (page 21).

L’établissement que j’ai l’honneur de diriger jusqu’au 31 décembre 2007 organisera d’ailleurs une rencontre sur le même sujet lors du Festival d’Avignon en partenariat avec la FNCC.

= = = = = = = = =

= = = = = =

Arcadi_77

***

=====

YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement

= = = = = = =

***

================

referencement gratuit

Nous vous conseillons les annuaires suivants : annuaire 123 pagerank, annuaire du net gratuit, un repertoire de sites gratuit, annuaire des papillons, repertoire de sites, annuaire internet, sélection de sites, annuaire internet, annuaire internet et web malin et pratique. Site reference par création de sites internet et referencement 2010.

25 mai 2007

T'es pas tout seul, Jeff

Clamart

Rendez-vous vite sur le blog de loizorare qui pointe vers une tribune publiée dans le Monde daté du 24 mai. Un point de vue singulier de Pierre-Marie Cuny, directeur des affaires culturelles de Seine et Marne. Une singularité qui se rapproche de ma note Nous sommes sauvés, d'il y a quelques jours.

Ou de la pétition lancée par Laurent Grandguillaume pendant la campagne ou d'un texte publié par le magazine La Scène dans sa dernière livraison (tout ça en accès libre sur ce blog).

(Penser à demander au directeur des affaires culturelles du 77 s'il a les Arts et lettres et à dire à mes quelques rares lecteurs qu'il faut absolument cliquer sur le lien en haut à gauche  François Mitterand 2007, un pur bonheur).

= = = = = =

Arcadi_77</